Les principaux indices américains ont clôturé en retrait jeudi, le Dow Jones perdant 0,61%, le Nasdaq 0,80% et le S&P 500 0,68% vers 14h10 GMT. Le mouvement a été déclenché par la remontée du pétrole : le Brent s'établissait autour de 105 dollars et le WTI a franchi 100 dollars, soit des niveaux nettement supérieurs à ceux d'avant le conflit au Moyen‑Orient. La persistance des tensions militaires rend plus difficile l'anticipation d'un retour à la normale sur les marchés de l'énergie.
Le dernier rapport sur l'indice des prix à la production (PPI) a montré une réaccélération notable, à +5,4% sur un an contre +4,8% en juillet. Ce signal d'une inflation en amont plus vive a été interprété comme révélateur de pressions sur les coûts de production susceptibles d'être répercutées sur les prix à la consommation. L'annonce a été mal accueillie par le marché obligataire : les rendements des emprunts d'État ont fortement grimpé, le taux « 30 ans » ayant atteint un plus haut depuis 2007 et le dix ans flirtant avec ses pics récents.
La réaction des taux a renforcé les anticipations d'un resserrement monétaire plus marqué de la Réserve fédérale. L'outil CME FedWatch montre une large probabilité d'une hausse des taux dès la réunion de septembre, et le marché en attend une autre avant la fin de l'année. L'attente du rapport CPI sur les prix à la consommation, publié le lendemain, devient cruciale pour affiner ces prévisions.
Sur le plan sectoriel, les valeurs technologiques dépendantes du crédit ont été pénalisées par la montée des coûts d'emprunt : Nvidia, AMD et Micron figuraient parmi les plus touchées. Paradoxalement, certains détaillants comme Macy's ont reculé malgré des résultats meilleurs et des prévisions relevées, soulignant la prégnance du contexte macroéconomique sur les valorisations.

