Le mouvement de prudence touche simultanément l’Europe, les États-Unis et les marchés obligataires. Vers 11 h GMT, le CAC 40 perdait 1,08 % à 7 781,70 points, le DAX 1,41 % et le FTSE 0,78 %. Le Stoxx 600 reculait de 0,97 % après trois séances consécutives de progression, tandis que l’Euro Stoxx 50 cédait 1,61 %.
Wall Street s’orientait aussi vers une ouverture négative : les contrats suggéraient une baisse de 0,34 % pour le Dow Jones, 0,28 % pour le S&P 500 et 0,62 % pour le Nasdaq. Les deux derniers indices avaient pourtant terminé la veille sur des records, portés par la technologie.
Le changement de ton s’explique par le retour du risque énergétique. Deux missiles houthis ont visé l’aéroport d’Aden au Yémen, tandis que les discussions entre Washington et Téhéran restent bloquées. Dans le golfe du Mexique, une tempête susceptible de devenir un ouragan menace en outre des zones offshore représentant 15 % de la production américaine de pétrole brut et 5 % de celle de gaz naturel.
Le Brent évolue ainsi nettement au-dessus de 100 dollars le baril. Cette hausse pèse sur l’euro et alimente les anticipations d’inflation, ce qui pousse les rendements obligataires vers leurs sommets récents. Les secteurs technologique, financier et industriel figurent parmi les principaux contributeurs à la baisse européenne.
Certains titres échappent au mouvement : Forvia bondit de 9,3 % après l’annonce d’une coentreprise en Inde, Renault et Stellantis progressent sur la perspective d’un plafond européen visant les importations de véhicules hybrides chinois, et Rémy Cointreau gagne 3,43 %. À l’inverse, BE Semiconductor chute de 9,84 % après une dégradation d’UBS.
Pour les investisseurs, le risque central est une combinaison défavorable de pétrole cher, taux élevés et croissance plus fragile. Le compte rendu de la Fed attendu dans la journée aidera à déterminer si le choc énergétique peut maintenir durablement la pression sur les actifs risqués.


