Citi anticipe que le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole n’apportera pas de catalyseur suffisant pour renverser la pression vendeuse sur le dollar. Les stratégistes de la banque estiment que l’éventail des prises de parole possibles de Warsh pourrait osciller entre un discours procédural sur l’orientation des prochaines réunions et une intervention cadrant les « grandes questions » pour le FOMC, mais que la réalité sera sans doute intermédiaire, axée sur des thèmes à moyen terme comme la productivité et l’intelligence artificielle.

La banque décrit trois scénarios qui pourraient pousser Warsh à un ton hawkish et conclut qu’aucun ne s’applique aujourd’hui : 1) une prime hawkish insuffisante sur la courbe des taux alors que 10 points de base sont déjà pricés pour septembre ; 2) la nécessité d’une surprise hawkish pour contenir l’extrémité longue de la courbe — scénario que les stratèges obligataires de Citi ne partagent pas ; 3) une réaccélération de l’inflation, alors que les données récentes ont été globalement plus faibles.

Concrètement, Citi est passé d’une posture neutre à baissière sur le dollar dans sa dernière mise à jour. Son modèle de taux réels pour l’EUR/USD, qui suppose une Fed immobile, une hausse supplémentaire de la BCE et une normalisation progressive des prix du pétrole, pointe vers 1,18 en tenant compte d’un potentiel de dépassement. Les risques de renversement de cette vue tiennent surtout au positionnement (levier vendu sur le dollar), à une surévaluation apparente de l’EUR/USD et au risque géopolitique lié à un conflit entre les États‑Unis et l’Iran.

Enfin, Citi voit peu d’incitation à des révélations hawkish liées aux groupes de travail sur le bilan ; tout aperçu serait le seul facteur susceptible d’un effet hawkish, mais les premiers éléments porteront vraisemblablement sur l’IA et la productivité, orientant plutôt vers une lecture accommodante/désinflationniste.