Xi Jinping a atterri au Caire pour une visite bilatérale de deux jours et a été accueilli par le président Abdel Fattah al-Sissi. Cette visite intervient « au septième mois » d'un conflit régional qui a poussé Washington à menacer de couper du système financier occidental les pays continuant à commercer avec l'Iran, exposant directement les flux commerciaux et bancaires liant Pékin, Téhéran et des partenaires comme l'Egypte.
Les entretiens officiels porteront sur « un certain nombre de questions régionales et internationales d'intérêt commun », notamment la guerre régionale, le commerce et les investissements. La Chine, partenaire majeur de l'Iran pour le pétrole, cherche à obtenir le soutien du Caire — dont les banques sont également visées par les pressions américaines — pour préserver ses approvisionnements et limiter les risques financiers.
Outre les discussions géopolitiques, des accords économiques concrets sont attendus: intelligence artificielle, centres de données et développement de la zone économique du canal de Suez. Ces secteurs reflètent la volonté de Pékin d'approfondir un partenariat stratégique global avec l'Egypte, grand partenaire commercial disposant d'un excédent face à la Chine.
La visite s'inscrit aussi dans une logique régionale: l'Egypte, qui reçoit une aide militaire américaine et a joué un rôle de médiateur, cherche une « autonomie stratégique » — garder des liens avec Washington sans s'aligner entièrement sur Pékin — tandis que la Chine multiplie ses relais dans la région (le roi de Jordanie s'est récemment rendu à Pékin) et a mené des exercices militaires conjoints avec l'Egypte en août.
Pour Pékin, le déplacement sert à sécuriser des canaux d'influence et d'approvisionnement (détroit d'Ormuz, mer Rouge, Gaza) avant une visite aux Etats-Unis prévue ce mois-ci, et à se doter d'un levier diplomatique dans une région où il entend peser davantage.


