La hausse et la concentration des risques climatiques transforment l'assurabilité des logements : inondations, sécheresse et incendies entraînent une attention beaucoup plus fine des assureurs sur l'adresse et l'historique des sinistres. Le régime Cat Nat continue d'offrir un socle de protection national, mais il n'empêche ni la montée des tarifs ni le durcissement des conditions de couverture.

Sur le plan tarifaire, les primes d'assurance habitation ont progressé de 8 % à 12 % à l'échelle nationale, avec une hausse moyenne de 17 euros par an liée à la surprime Cat Nat. L'indemnisation des sinistres peut par ailleurs s'étirer : l'article souligne que le délai d'indemnisation peut atteindre jusqu'à 7 mois, un facteur financier à intégrer lors d'un sinistre important.

La géographie du risque est très hétérogène. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, en Corse et dans une partie de l'Occitanie, le risque d'incendie pèse désormais fortement : maisons proches des massifs boisés, isolées ou mal débroussaillées sont susceptibles de voir des conditions de souscription durcies. Le retrait-gonflement des argiles, lié aux épisodes de sécheresse, fragilise aussi les constructions individuelles. En Bretagne, Normandie, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France et dans les vallées du Rhône, de la Loire et de la Garonne, les biens en zone inondable peuvent rester assurables, mais les modalités varient.

Comme le rappelle Christel Caterino (NousAssurons), il n'existe pas encore de territoires totalement inassurables en France, mais certaines adresses cumulant forte exposition et sinistralité répétée deviennent plus difficiles à assurer. L'historique de sinistres et les mesures de prévention déjà prises par le propriétaire influencent les décisions des assureurs et les tarifs proposés.

Pour l'acheteur, l'assurabilité est désormais un critère immobilier essentiel : découvrir après l'achat que le logement est coûteux ou difficile à assurer peut peser sur le budget, le financement et la valeur de revente.