## Classement

| Rang | Valeur | Décrochage | RSI 14 | Volume relatif | Qualité | |---|---|---:|---:|---:|---| | 1 | Carrefour (CA) | gap d’environ -9,2 %, clôture -13,8 % | ≈26,2 recalculé | ≈6,4x la moyenne des 20 séances précédentes | A- | | 2 | AT&T (T) | environ -6,0 % | 30,54 | ≈1,26x la moyenne 50 jours | A- |

### 1. Carrefour : capitulation technique, mais baisse partiellement justifiée

Carrefour a publié son activité du troisième trimestre le 20 octobre vers 17h45, heure de Paris. La réaction s’est matérialisée le 21 octobre : ouverture à 14,795 €, soit un gap d’environ -9,2 % par rapport à 16,30 €, plus bas à 13,84 €, puis clôture à 14,05 €, en baisse de 13,8 %.

Le signal technique est net. Le volume a atteint 12,68 millions de titres, contre une moyenne d’environ 1,99 million sur les vingt séances précédentes, soit près de 6,4 fois la normale. Un recalcul Wilder à partir des clôtures publiées donne un RSI 14 voisin de 26,2, donc une survente confirmée.

La publication n’est pas mauvaise sur le chiffre d’affaires : ventes de 22,69 Md€, +2,3 % en comparable ; France +1,2 %, Espagne +2,1 %, Brésil +1,4 % ; commerce électronique +18 %. La dégradation concerne la guidance : progression de marge opérationnelle désormais attendue entre 0 et 15 points de base, contre +25 auparavant ; BPA ajusté stable à légèrement croissant, contre une hausse à un chiffre élevée ; flux de trésorerie disponible en léger recul plutôt qu’en légère hausse. Carrefour estime que les émeutes, pillages, horaires réduits et surcoûts pourraient retrancher 80 à 200 M€ au résultat opérationnel.

La baisse n’est donc pas irrationnelle. Elle semble néanmoins amplifiée : environ 1,7 Md€ de capitalisation ont été effacés face à un impact opérationnel maximal annoncé de 200 M€, tandis que les ventes comparables restent positives. Les révisions d’analystes publiées après les résultats portent sur une baisse d’environ 4,6 % du BPA 2026 et 5,2 % du BPA 2027, nettement inférieure aux 13,8 % perdus en Bourse.

Niveaux techniques : - 13,84 € : invalidation immédiate ; - 14,05 € : pivot de clôture ; - 14,50-14,83 € : première zone de confirmation et réintégration du gap ; - 15,50 € : résistance intermédiaire ; - 16,23-16,30 € : haut du gap et ancienne clôture.

Le scénario n’est validé qu’après arrêt des nouveaux plus bas, formation d’un creux ascendant et reprise du VWAP. Principaux risques : poursuite des troubles en France, fragilité des volumes alimentaires, pression sur les marges, faiblesse structurelle de certains marchés et nouvelle réduction de guidance.

### 2. AT&T : résultats solides, sanction surtout concurrentielle

AT&T a publié ses résultats le 21 octobre avant l’ouverture américaine. Le titre a touché 21,80 $ puis clôturé à 22,02 $, en baisse d’environ 6 %.

Les fondamentaux immédiats sont solides : chiffre d’affaires de 32,3 Md$, +5,3 % ; BPA ajusté de 0,65 $ contre 0,54 $ un an plus tôt ; EBITDA ajusté de 12,5 Md$, +5,4 % ; flux de trésorerie disponible de 5,0 Md$ ; plus d’un million de nouveaux clients « Advanced Connectivity » pour un deuxième trimestre consécutif. Surtout, AT&T relève son objectif 2026 de BPA ajusté vers 2,40 $, contre une précédente fourchette de 2,25 à 2,35 $, et confirme plus de 18 Md$ de flux de trésorerie disponible.

La sanction vient principalement d’une baisse de 4 % du revenu moyen par client fibre, liée aux remises sur les offres groupées, et des craintes concurrentielles provoquées par la progression de Starlink Mobile. Ces risques sont réels, mais ne constituent pas encore une réduction de guidance ou une cassure de la génération de trésorerie.

Le RSI 14 ressort à 30,54, à la frontière de la survente. Le volume de 49,2 millions de titres représente environ 1,26 fois la moyenne 50 jours : supérieur à la normale, mais insuffisant pour parler de véritable vente forcée institutionnelle.

Niveaux techniques : - 21,80 $ : invalidation ; - 21,98-22,02 $ : pivot ; - 22,36-22,62 $ : première confirmation ; - 23,20-23,42 $ : zone de comblement du gap.

Principaux risques : érosion persistante du revenu par client fibre, intensification des promotions, concurrence satellitaire, dette nette de 149,8 Md$ et hausse du coût du capital.

### Dossiers écartés et contexte

Netflix n’est pas recyclée : la news ayant provoqué son gap date désormais de plus de 24 heures. NVE Corporation a chuté après clôture, mais la baisse accompagne un recul du chiffre d’affaires et concerne une petite capitalisation très peu liquide ; le signal ne présente pas la qualité d’exécution requise.

Aucune autre valeur européenne ou française liquide ne réunit baisse extrême, news propre, survente et fondamentaux préservés. Le STOXX 600 a progressé d’environ 0,9 % et les trois grands indices américains ont également clôturé en hausse : les décrochages de Carrefour et AT&T sont donc idiosyncratiques, ce qui renforce leur intérêt tactique mais ne supprime pas leurs risques propres.