## Classement

| Rang | Valeur | Décrochage frais | RSI 14 | Volume relatif | Verdict | |---|---|---:|---:|---:|---| | 1 | Soitec (SOI) | -16,73 % le 5 novembre | 17,70 | env. 2,1x la moyenne hebdomadaire | A- | | 2 | Atlassian (TEAM) | -16 % à -20 % après clôture | 44,55 avant gap | env. 1,1x cumulé | A- | | 3 | Natera (NTRA) | -16,43 % après clôture, jusqu’à env. -24 % au plus bas | 38,81 avant gap | env. 2,4x | B+ |

### 1. Soitec : la capitulation technique la plus nette

Le décrochage s’est produit le 5 novembre pendant la séance européenne. Soitec a ouvert à 106,90 €, touché 88,90 €, puis clôturé à 91,64 €, soit -16,73 %. Le volume a atteint 1,022 million de titres, environ 2,1 fois la moyenne de la semaine. Le RSI 14 publié après clôture ressort à 17,70, en survente extrême.

Le catalyseur est identifiable mais sectoriel : les semi-conducteurs européens ont été vendus sur les craintes d’un durcissement de la réglementation de l’IA et d’un ralentissement des investissements dans les centres de données. Le secteur technologique européen a perdu 3,2 %, mais Soitec a chuté bien davantage. Reuters souligne que les commandes existantes ne devraient pas être affectées à ce stade. Aucune nouvelle réduction de chiffre d’affaires, de marge ou de guidance propre à Soitec n’a été annoncée le 5 novembre.

La baisse paraît donc potentiellement excessive à très court terme, mais le titre arrivait déjà fragilisé : -11,78 % le 4 novembre après une dégradation d’analyste, et -31,1 % sur cinq séances. La configuration peut avoir été amplifiée par les sorties sectorielles et les stops, sans preuve d’une cause algorithmique.

Niveaux : 88,90 € est l’invalidation immédiate ; 91,64 € le pivot ; 100 € puis 106,90-110,05 € les premières zones de reprise. Le support graphique suivant se situe vers 81,70 €. Risques : nouvelle vague de vente sur les semi-conducteurs, résultats semestriels du 18 novembre, cycle industriel encore fragile et rupture confirmée de 88,90 €.

### 2. Atlassian : résultats solides, sanction très supérieure à la déception

Les résultats ont été publiés le 5 novembre vers 16h05 à New York. Après une clôture à 183,29 $, le titre a coté autour de 150-154 $ après clôture, avec un point bas observé vers 146,70 $, soit une baisse de 16 % à 20 % sur la séance étendue.

Les fondamentaux du trimestre restent robustes : chiffre d’affaires de 1,772 Md$, +24 % ; cloud +31 % ; ARR d’abonnement +23 % ; RPO +44 % ; marge opérationnelle non-GAAP de 32 %. Le BPA ajusté de 1,65 $ et le chiffre d’affaires ont dépassé les attentes. La déception porte surtout sur une croissance d’ARR 2027 attendue autour de 18,5 % et sur le ralentissement prévu de l’expansion des sièges. La société vise encore environ 26 % de croissance du cloud et 25,5 % de marge opérationnelle non-GAAP sur l’exercice.

Le RSI 14 publié avant le gap était de 44,55 ; il n’intègre donc pas la chute nocturne. Le volume cumulé est proche de 1,1 fois la normale, ce qui rend le signal de capitulation moins pur que Soitec. L’écart entre la qualité du trimestre et la baisse de près de 20 % crée néanmoins une dislocation tactique.

Niveaux : 146,70 $ est l’invalidation ; 154 $ le pivot de séance étendue ; 165 $ la première reprise ; 180,81-183,29 $ la zone d’entrée dans le gap. Risques : compression de valorisation, ralentissement du cloud/ARR, faiblesse persistante du Nasdaq et liquidité réduite hors séance.

### 3. Natera : croissance et guidance relevée, mais transition de direction

Natera a publié le 5 novembre vers 16h05 à New York. Après une clôture régulière à 363,76 $, le titre a reculé vers 304 $, soit -16,43 %, après un point bas observé autour de 277 $.

Le chiffre d’affaires du troisième trimestre atteint 794 M$, en hausse de 34 %, et la perte nette se réduit. Surtout, la guidance annuelle de chiffre d’affaires a été relevée de 140 M$ à son point milieu, à 3,005-3,035 Md$, avec un cash-flow attendu positif. La baisse reflète le BPA inférieur au consensus et surtout le départ immédiat du directeur général Steve Chapman. La société précise que cette démission ne résulte pas d’un désaccord sur les opérations ou les politiques.

Le RSI 14 publié avant pleine intégration du gap est de 38,81 ; le volume ressort autour de 2,4 fois la normale. La réaction paraît sévère face à la hausse de guidance, mais le changement de direction et la valorisation élevée rendent la configuration moins propre.

Niveaux : 277 $ est l’invalidation extrême ; 300-304 $ le pivot ; 330 $ la première confirmation ; 354,01-363,76 $ la zone de retour dans la séance régulière. Risques : transition managériale, perte par action encore supérieure aux attentes, valorisation, nouveaux détails lors des échanges avec les analystes.

### Dossiers écartés

DraftKings chute d’environ 22 % après clôture, mais la guidance 2026 est réellement dégradée : l’objectif d’EBITDA ajusté tombe à 175-275 M$ en raison d’investissements importants dans les marchés prédictifs. La thèse fondamentale à court terme est trop modifiée pour qualifier la baisse de simple sur-réaction.

Five9 baisse fortement après une guidance de BPA trimestriel environ 9 % sous le consensus et l’acquisition de Level AI pour 325 M$ en numéraire. Le chiffre d’affaires reste bien orienté, mais le risque d’intégration et la baisse de rentabilité attendue empêchent un classement principal.

Workiva recule après résultats, mais le RSI publié reste autour de 51 et l’amplitude observée varie fortement selon les plateformes hors séance ; le signal n’est pas assez consolidé.

Rheinmetall est exclue malgré -16,1 % : la société a abaissé sa prévision de ventes 2026 pour la deuxième fois en trois mois, ce qui constitue une détérioration fondamentale directe.

## Contexte

Le Nasdaq a perdu 5,52 %, le S&P 500 4,36 % et le Dow Jones 3,44 % le 5 novembre, dans une purge liée aux craintes de réglementation de l’IA et à la remise en cause des valorisations technologiques. Ce contexte peut amplifier les gaps par les flux indiciels, les réductions de risque et les déclenchements de stops, mais il réduit aussi la fiabilité des rebonds individuels. Aucune cause algorithmique n’est affirmée sans preuve.