L’Insee publie un net reflux du marché du travail : le taux de chômage atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent, montant qu’on n’observait plus depuis l’automne 2020 et même l’automne 2019. Au total, 2,7 millions de personnes sont sans emploi et en recherchent activement : le stock de chômeurs a augmenté de 62 000 en trois mois.

La dégradation touche toutes les générations. Les 15-24 ans voient leur taux rebondir de 0,4 point à 21,6 %, tandis que les 25-49 ans voient leur taux progresser de 0,2 point, à 7,5 %, un niveau inédit depuis début 2021. L’Insee souligne que l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA et d’une partie des 15-29 ans à France Travail contribue à la hausse, mais ne l’explique pas entièrement.

Plusieurs facteurs structurels et conjoncturels pèsent selon l’article : l’intelligence artificielle commence à remplacer progressivement certaines fonctions à faible valeur ajoutée, la fin des subventions à l’apprentissage a réduit un canal d’accès vers le premier emploi, et l’inflation incite les ménages à retarder certains achats, poussant les entreprises à freiner les recrutements. À cela s’ajoutent une prudence accrue sur les coûts du travail et l’incertitude liée aux conflits internationaux.

Si l’Insee nuance la situation en rappelant que le niveau reste 2,2 points en dessous du pic de mi-2015 et que l’intégration de Mayotte dans les séries joue « à la marge », l’article note qu’il n’y a pas eu d’amélioration de la tendance depuis un an et demi, signalant un retournement durable du marché de l’emploi.