L’économie française s’est contractée de 0,1 % au troisième trimestre 2026, après une stagnation au printemps et un recul de 0,2 % au premier trimestre. Cette nouvelle baisse maintient la France dans une phase d’activité très faible, sans effondrement général mais avec peu de marge pour atteindre les prévisions annuelles.
L’Insee estime l’acquis de croissance à 0,2 % à la fin septembre. Il s’agit du rythme annuel qui serait obtenu si le produit intérieur brut restait stable au quatrième trimestre. Ce niveau rend difficile l’objectif gouvernemental de 0,5 %, ainsi que la prévision de 0,4 % avancée par l’Insee et la Banque de France.
Le commerce extérieur explique une grande partie du recul. Les exportations ont diminué de 1,7 % après une progression de 2,8 % au deuxième trimestre. La baisse atteint 9,1 % pour les matériels de transport, après un bond de 20,8 %, avec une faiblesse particulière de l’aéronautique. Les importations ont augmenté de seulement 0,1 %. Au total, le commerce extérieur retire 0,6 point à la croissance trimestrielle.
La demande intérieure a limité les dégâts. La consommation des ménages a progressé de 0,4 %, après 0,2 % au trimestre précédent, soutenue par les véhicules électriques, l’énergie et les services, notamment l’hébergement, la restauration et les loisirs. La consommation publique a augmenté de 0,3 %. L’ensemble de la demande intérieure apporte 0,1 point à l’évolution du PIB.
L’investissement reste plus préoccupant. Il recule de 0,6 %, avec une baisse de 0,5 % dans la construction et de 1,9 % dans les produits manufacturés. Du côté de la production, l’industrie manufacturière cède 1,4 %, les matériels de transport 3,5 % et l’agroalimentaire 1,5 %. La construction baisse de 0,4 %, tandis que les services marchands progressent de 0,3 %.
Pour l’investisseur, le tableau est contrasté. Les entreprises tournées vers les services et la consommation domestique disposent d’un environnement plus résilient que les groupes dépendants des exportations industrielles. Une croissance faible peut aussi limiter la progression des bénéfices, des recettes fiscales et de l’emploi.
Un trimestre ne suffit pas à établir une tendance durable, surtout après des mouvements importants dans l’aéronautique. Les prochains chiffres devront montrer si les exportations rebondissent et si la consommation se maintient. Sans amélioration du commerce extérieur ou de l’investissement, la croissance française restera fragile malgré la résistance des services.


