Carrefour a publié une activité commerciale en croissance au troisième trimestre, mais a revu à la baisse plusieurs objectifs financiers pour 2026. Le chiffre d’affaires trimestriel atteint 22,78 milliards d’euros, en hausse de 3,9 %. À magasins comparables, les ventes progressent de 2,3 %, après 2,1 % au premier semestre.

La France affiche une croissance de 1,2 %. Le redressement de Cora et Match, dont les ventes progressent de 6,1 %, soutient le marché domestique. À l’international, les ventes comparables augmentent de 2,1 % en Espagne et de 1,4 % au Brésil. Le commerce en ligne avance de 18 %, tandis que le groupe poursuit le développement des magasins de proximité dans le cadre de son plan Carrefour 2030.

Ces tendances ne suffisent toutefois pas à préserver la guidance. Carrefour invoque la dégradation du climat social et sécuritaire en France, qui pèse sur la fréquentation de certains magasins et augmente les coûts d’exploitation. Le groupe vise désormais une amélioration de sa marge opérationnelle courante comprise entre 0 et 15 points de base, contre 25 points auparavant.

La révision est encore plus visible sur le bénéfice. Carrefour n’attend plus qu’une stabilité ou une légère hausse du bénéfice ajusté par action, alors qu’il visait précédemment une croissance proche de 10 %. Le flux de trésorerie disponible net devrait légèrement reculer. Le budget d’investissement annuel est réduit à 1,6 milliard d’euros, contre 1,7 milliard auparavant.

Pour les investisseurs, le contraste est clair : la demande et les ventes tiennent, mais la conversion du chiffre d’affaires en marge et en trésorerie se dégrade. La période des fêtes sera déterminante, car elle concentre une part importante des volumes tout en exposant le groupe aux coûts opérationnels et aux promotions. La réduction des investissements protège partiellement la trésorerie, mais elle devra rester compatible avec les besoins de modernisation, de digitalisation et d’intégration des enseignes acquises.