Accrochée entre ciel et mer sur trois kilomètres, la Corniche Kennedy est devenue un terrain de jeu dangereux pour les jeunes Marseillais et touristes en quête d’adrénaline. AFP recueille les témoignages d’adolescents — dont “Dédé”, 14 ans — et de visiteurs comme Dominik (20 ans) ou Romain (18 ans) qui avouent sauter « pour les caméras » après avoir vu des vidéos en ligne. Le phénomène est alimenté par la viralité des images et la pression sociale.

Les autorités locales multiplient les réponses : depuis 2006 seuls les sauts de moins de 3 mètres sont autorisés, et la verbalisation peut aller de 38 à 150 euros. La brigade maritime municipale, créée en 2023, patrouille quotidiennement mais ne peut couvrir les 57 km du littoral marseillais. Parallèlement, une cinquantaine de médiateurs arpentent la Corniche pour tenter de dissuader les plongeurs avant qu’ils ne se jettent.

La municipalité pratique aussi la prévention judiciaire : les adolescents peuvent être convoqués en mairie devant élus, policiers municipaux, délégué du procureur et services administratifs. Vingt-deux personnes ont été ainsi convoquées l’an dernier plutôt que verbalisées; l’exercice vise à frapper les esprits, avec diffusion de témoignages d’accidents graves — notamment celui d’un influenceur ayant frôlé l’amputation.

Les exemples d’accidents récents rappellent l’enjeu : dimanche deux jeunes de 18 ans ont violemment heurté le fond après un saut depuis les rochers des Catalans, l’un étant grièvement blessé, et en avril un homme de 40 ans s’est noyé après un plongeon depuis une plage marseillaise. Localement certains parents, comme Nathalie, souhaitent des zones de plongeon encadrées, une promesse municipale de longue date, tandis que les jeunes s’interrogent sur la perte éventuelle de la sensation de liberté si les sauts étaient réglementés et sécurisés.