Albemarle a renoué avec les bénéfices au troisième trimestre, porté par un net redressement des prix du lithium. Le premier producteur mondial de ce métal, essentiel à de nombreuses batteries, a dégagé un bénéfice net de 296,8 millions de dollars, soit 2,15 dollars par action. Un an plus tôt, il avait enregistré une perte de 160,7 millions de dollars, équivalente à 1,72 dollar par action.
Hors éléments exceptionnels, le bénéfice s’est établi à 2,58 dollars par action, légèrement au-dessus des 2,54 dollars attendus par les analystes. La réaction boursière a été positive, avec une hausse de 6,5 % du titre jeudi matin. Le principal moteur de cette amélioration vient du prix moyen obtenu par Albemarle pour son lithium, en progression de 95 % sur le trimestre. Cette hausse a plus que compensé une baisse de 19 % des volumes vendus.
Le contraste avec 2024 est important. Une offre excédentaire avait alors pesé sur le marché, obligeant Albemarle et plusieurs concurrents à réduire leurs effectifs et à ralentir leurs projets de croissance. Le directeur général Kent Masters estime désormais que la demande de lithium continue de progresser plus vite que l’offre. Cette appréciation soutient l’idée d’un rééquilibrage, mais le recul des volumes montre que le redressement n’est pas uniforme.
Pour l’investisseur, les résultats confirment la forte sensibilité des producteurs de lithium aux prix de vente. Une amélioration du marché peut rapidement restaurer les marges, mais l’effet inverse reste possible si de nouvelles capacités minières arrivent plus vite que la demande. Les chiffres d’un seul trimestre ne suffisent donc pas à conclure à un cycle durablement haussier.
Albemarle opère sur plusieurs continents, notamment en Amérique, en Australie, en Asie et en Europe. Cette diversification géographique lui donne une exposition large à la chaîne mondiale des batteries, tout en l’exposant aux coûts d’exploitation, aux décisions réglementaires et aux variations de change. Le groupe prépare aussi une transition de gouvernance: Ragnar Udd, ancien dirigeant de BHP, doit remplacer Kent Masters en février.
La prochaine étape sera de vérifier si la hausse des prix se maintient, si les volumes se stabilisent et si la génération de trésorerie suit le redressement comptable. Pour un portefeuille français, le dossier reste une exposition cyclique à l’électrification, davantage qu’une valeur de croissance régulière.


