Arm Holdings a publié un deuxième trimestre supérieur aux attentes, porté par l’adoption de ses architectures dans les centres de données et les systèmes d’intelligence artificielle. Le chiffre d’affaires atteint 1,44 milliard de dollars, contre 1,38 milliard attendu, tandis que le bénéfice ajusté ressort à 52 cents par action, au-dessus du consensus de 47 cents.
La prévision pour le troisième trimestre reste toutefois seulement légèrement meilleure que prévu. Arm vise 1,54 milliard de dollars de revenus, contre une estimation moyenne de 1,53 milliard. Cette faible avance explique en partie la réaction hésitante du marché: l’action a oscillé après la clôture et reculait d’environ 1 % au début de la conférence avec les analystes.
La composition des revenus mérite une attention particulière. Les licences ont généré 773 millions de dollars, très au-dessus des 625,1 millions attendus. En revanche, les redevances, perçues sur chaque puce commercialisée utilisant la technologie Arm, ont progressé de 8 % à 670 millions, mais sont restées sous les 720,8 millions anticipés. Les licences peuvent varier fortement selon le calendrier des contrats, alors que les redevances donnent une meilleure indication de la diffusion effective des architectures.
Arm bénéficie de la recherche d’efficacité énergétique dans les centres de données, où les coûts d’électricité et de refroidissement deviennent déterminants. Le groupe estime que son architecture représentait plus de 50 % des déploiements chez les grands fournisseurs de cloud en 2025 et pourrait dépasser 60 % fin 2026. Google utilise notamment des puces Axion basées sur Arm avec ses systèmes d’IA équipés de TPU.
La société élargit aussi son modèle. Historiquement centrée sur la vente de conceptions et la collecte de redevances, elle s’est lancée dans des processeurs complets. Arm prévoit désormais 2 milliards de dollars de ventes pour son processeur AGI sur les exercices 2027 et 2028. Elle avait annoncé en mars un milliard de dollars de commandes initiales et dit avoir sécurisé, avec TSMC et d’autres fournisseurs, les composants nécessaires malgré les tensions sur la mémoire.
Pour l’investisseur, cette évolution augmente le potentiel de revenus mais aussi le risque d’exécution. Arm devra livrer les volumes promis, maîtriser son approvisionnement et éviter que la nouvelle activité ne détourne l’attention du modèle de licences très rentable. Le différend avec Qualcomm reste également à surveiller: un jury a retenu certaines violations contractuelles, avec seulement deux dollars de dommages, mais les questions importantes sur les redevances et les futures licences restent à trancher.
Les prochains résultats devront donc confirmer la progression des redevances, la montée du processeur AGI et la part d’Arm dans le cloud. Une prévision légèrement supérieure au consensus ne suffit pas, à elle seule, à valider durablement la trajectoire.


