Bénéteau a publié un troisième trimestre nettement plus faible, avec un chiffre d’affaires en baisse de 14,1 %, à 146,6 millions d’euros. Le constructeur nautique attribue ce recul à la diminution des commandes et à l’attentisme apparu depuis le début du conflit au Moyen-Orient. L’arrêt de certaines activités américaines retranche également environ deux points à l’évolution des revenus.
La photographie sur neuf mois est moins défavorable. À taux de change constant, le chiffre d’affaires cumulé progresse de 4,7 %, à 595,8 millions d’euros. Ce contraste montre que la baisse trimestrielle ne résume pas à elle seule l’exercice. Il souligne aussi la sensibilité de Bénéteau au calendrier des commandes et des livraisons, ainsi qu’à la confiance des clients dans un secteur où les achats peuvent être différés lorsque l’incertitude augmente.
Le groupe met en avant un redémarrage des prises de commandes à partir de septembre, après la présentation de nouveaux modèles au salon nautique de Cannes. Ce signal commercial est important, mais il doit encore se traduire en production, en livraisons et en revenus. La vitesse de cette conversion sera déterminante pour apprécier la solidité de la reprise et la capacité du groupe à compenser le trou d’air du troisième trimestre.
Bénéteau maintient ses perspectives pour 2026. Hors activités américaines arrêtées, il vise une croissance annuelle des ventes comprise entre 4 % et 9 %. En intégrant ces activités, le chiffre d’affaires consolidé devrait se situer entre 860 et 900 millions d’euros, contre 848 millions en 2025. La borne basse implique une progression limitée, tandis que la borne haute suppose une accélération plus convaincante en fin d’exercice.
Le marché a accueilli la publication avec mesure: le titre a terminé en hausse de 2,04 %, à 5 euros. Cette réaction suggère que le maintien des objectifs et le rebond des commandes ont davantage compté que la contraction trimestrielle. Elle ne permet toutefois pas de conclure que les risques ont disparu. Aucun élément sur la marge ou la trésorerie n’est fourni dans l’actualité, alors que le niveau de rentabilité sera essentiel si les volumes restent irréguliers.
Pour l’investisseur, le dossier présente donc deux lectures. La croissance cumulée et les objectifs confirmés soutiennent le scénario d’un ralentissement temporaire. À l’inverse, la baisse de 14,1 % rappelle que la demande reste fragile et sensible au contexte géopolitique. Il faudra vérifier les commandes des prochains mois, le niveau des livraisons et la position du chiffre d’affaires annuel dans la fourchette annoncée avant de considérer la reprise comme durable.

