Le Fonds monétaire international juge la croissance algérienne solide, tout en soulignant la dégradation de plusieurs équilibres macroéconomiques. Il prévoit une progression du PIB de 3,8 % en 2026, après 3,9 % en 2025. L’investissement a soutenu l’activité, mais l’institution relève également une inflation plus élevée, un déficit budgétaire important, une détérioration du solde extérieur et un recul des réserves internationales.
Le déficit public demeure un point central. Malgré une amélioration en 2025, les besoins de financement restent élevés et ont contribué à la progression de la dette ainsi qu’à un recours accru au financement par la banque centrale. La remontée récente des prix des hydrocarbures pourrait soutenir les exportations et les recettes publiques, donnant à Alger l’occasion de reconstituer une partie de ses marges de manœuvre.
Le FMI estime toutefois que ce soutien ne suffira pas. Il recommande une consolidation budgétaire progressive, davantage de recettes hors hydrocarbures, une meilleure efficacité de l’investissement public et une rationalisation des dépenses. L’institution préconise aussi une réforme graduelle des subventions énergétiques, accompagnée de mesures ciblées pour les ménages vulnérables.
Sur le plan monétaire, le FMI appelle à davantage de flexibilité du taux de change et à une politique centrée sur la stabilité des prix. À moyen terme, la croissance ralentirait à 3,1 % en 2027 puis autour de 3 % les années suivantes. La diversification, le climat des affaires, la gouvernance et la réduction de l’informalité restent donc des enjeux majeurs.
La sortie de l’Algérie de la liste de juridictions sous surveillance renforcée du GAFI constitue par ailleurs un signal favorable sur le cadre financier, sans remplacer les réformes économiques recommandées.
