L’intelligence artificielle soutient l’investissement et les marchés, mais elle devient aussi une source de concentration du risque financier. Dans son rapport sur la stabilité financière mondiale publié le 13 octobre, le FMI souligne la résistance de la croissance et des bénéfices, favorisée par une inflation mieux maîtrisée que prévu et par des conditions financières globalement accommodantes.

L’institution identifie néanmoins trois menaces capables de provoquer un retournement brutal. La première serait une correction des actifs liés à l’IA si les bénéfices ou les gains économiques déçoivent. La deuxième serait une forte remontée des rendements souverains, susceptible de durcir le financement des États, entreprises et ménages. La troisième concerne les cyberattaques majeures, qui pourraient perturber des services financiers essentiels.

Le FMI a chiffré un scénario défavorable dans lequel le désengagement des investissements en IA réduirait, d’ici 2028, le PIB mondial de 0,4 %, l’investissement de 1,3 % et la consommation de 0,6 %. Ces estimations ne constituent pas une prévision centrale. Elles illustrent la dépendance croissante de l’activité à des dépenses massives dans les centres de données et les capacités de calcul.

Le risque pour les investisseurs tient au décalage possible entre les valorisations et la rentabilité réelle des projets. Si la monétisation progresse moins vite que les dépenses, les actions technologiques et la dette associée pourraient être simultanément affectées. Le FMI recommande donc une meilleure surveillance de l’endettement, de la concentration des investissements et des acteurs financiers non bancaires.

Pour un portefeuille, le message n’est pas d’écarter l’IA, mais d’éviter une exposition uniquement fondée sur l’expansion des multiples. Les résultats, les flux de trésorerie, le rendement du capital investi et la solidité du financement deviennent essentiels.