Bloomberg rapporte qu’Anthropic ambitionne une introduction en bourse dont le produit égalerait ou dépasserait les ~86 milliards$ générés par SpaceX (75 milliards$ initialement, puis 86 milliards$ après surallocation). En mai, Anthropic a été valorisée à 965 milliards$ lors d’un tour privé de 65 milliards$. Reuters évoque toutefois des valorisations privées allant jusqu’à environ 2.000 milliards$ basées sur des anticipations de forte croissance des revenus.
Les chiffres opérationnels sont au cœur du raisonnement des banquiers : le taux de revenus annualisé d’Anthropic a atteint 65 milliards$ fin juillet (47 milliards$ en mai, ~9 milliards$ fin 2025), et la direction prévoit entre 190 et 200 milliards$ de revenus en 2028. À 1.500 milliards$, une offre de 86 milliards$ représenterait ~5,7% du capital; à 2.000 milliards$, un peu plus de 4% — un flottant classique pour une grosse IPO technologique.
La dynamique favorable inclut aussi un résultat opérationnel ajusté positif au T2, ce qui renforce l’argument en faveur d’une transition vers la rentabilité. En revanche, la société a perdu près de 42 milliards$ en 2025, conséquence d’investissements massifs en infrastructure, modèles et talents. La valorisation supra-milliardaire dépend donc fortement de la conviction que ces dépenses aboutiront à un effet de levier opérationnel significatif.
Le principal défi relève de la demande des investisseurs : lever plus de 85 milliards$ absorberait une part considérable de l’épargne institutionnelle à un moment où elles sont déjà exposées à l’IA via Nvidia, les clouds et d’autres offres. Si le marché reste accommodant vis‑à‑vis des dépenses en IA comme investissement structurel, Anthropic peut soutenir une prime; si la tolérance au risque recule et qu’on exige des retours de trésorerie plus clairs, la même intensité capitalistique pourrait freiner la valorisation.

