Après 25 ans sur les desks produits dérivés de Wall Street, Andy Baehr, directeur général de la gestion d’actifs chez GSR, interprète la montée de Bitcoin au-dessus de 80 000 $ comme le basculement vers un nouveau régime. BTC a brièvement culminé à 81 272 $ lundi, après une période estivale qualifiée de « super été au ralenti » : les fonds en actifs numériques avaient subi des sorties records de 8 milliards de dollars sur huit semaines consécutives d’ETF avant le retour de la demande.

La dynamique a changé rapidement. L’annonce de rachats d’obligations du Trésor à long terme, une réunion à la Maison-Blanche avec des cadres du secteur crypto et le rassemblement des acteurs à Jackson Hole ont coïncidé avec une accélération haussière. Les vendeurs à découvert ont été massivement liquidés — 1,06 milliard de dollars en une journée — tandis que les ETF Bitcoin au comptant ont enregistré près de 2 milliards de dollars d’entrées nettes sur cinq jours.

Conséquence concrète : l’appétit pour les calls est revenu et les taux de financement des contrats perpétuels ont augmenté, signes, selon Baehr, d’une « bonne structure de marché » et d’un rallye authentique. Sur le plan des prix, BTC se traite autour de 78 530 $ (baisse ≈0,8 % sur 24 h) et certains analystes envisagent encore un scénario vers 83 000 $ si l’élan se maintient.

Le mouvement s’étend aux altcoins : GSR favorise Ethereum et Solana ; son modèle Core3 a dernièrement attribué à Solana le poids le plus élevé, environ 44 %. Baehr voit dans cette rotation l’anticipation d’une adoption accrue de la blockchain — tokenisation et stablecoins — pour transformer les règlements de marché. Il souligne aussi le rôle macroéconomique du franchissement par la dette américaine des 40 000 milliards de dollars comme moteur de stratégies de protection impliquant bitcoin et or.

La grande inconnue reste la régulation : Baehr souhaite l’adoption cette année de la Clarity Act, qui répartirait les compétences entre la SEC et la CFTC, mais admet que le vote pourrait être repoussé à 2027 ou remplacé par des règles émanant des agences, qui coopèrent déjà plus étroitement que dans les marchés traditionnels.