Les dirigeants des Brics ont consacré la dernière journée de leur sommet à New Delhi à la croissance économique mondiale. Le Premier ministre indien Narendra Modi a rappelé que le bloc représente environ la moitié de la population mondiale, 40 % du produit intérieur brut de la planète et plus d’un quart du commerce international. Créé en 2009 autour du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine, puis élargi à l’Afrique du Sud, le groupe accueille désormais d’autres pays dont l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Les membres ont réaffirmé leur soutien à un système commercial multilatéral ouvert et fondé sur des règles, avec l’Organisation mondiale du commerce au centre. Xi Jinping a appelé à rejeter le protectionnisme moins de deux semaines avant une visite prévue à Washington. Cette position vise notamment la politique de droits de douane menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.

Le sommet a toutefois exposé les déséquilibres internes du bloc. La Chine exporte massivement vers plusieurs partenaires et le déficit commercial de l’Inde vis-à-vis de Pékin a atteint le niveau record de 112 milliards de dollars pendant l’exercice 2025-2026. Narendra Modi et Xi Jinping ont reconnu la nécessité de traiter ce déséquilibre structurel. Leur rencontre s’inscrit aussi dans un lent rapprochement diplomatique, six ans après un affrontement meurtrier à leur frontière himalayenne.

Les Brics ont parallèlement réussi à publier une déclaration commune sur la guerre au Moyen-Orient, appelant les parties à la retenue. Leur capacité à transformer ces positions communes en coopération économique concrète reste cependant le principal enjeu. La diversité du groupe renforce son poids démographique et commercial, mais les rivalités géopolitiques, les frontières contestées et les déséquilibres d’échanges limitent encore sa cohésion.