Arthur Hayes associe directement l’élargissement des rachats de Treasuries annoncés par le Trésor — visant notamment les maturités longues — à une politique comparable à un « soft yield curve control ». Il note que les rendements à dix ans avaient testé la barre des 5 %, jugée problématique pour la soutenabilité de la dette, et que l’intervention du Trésor a fait baisser le rendement à 30 ans tout en injectant de la liquidité dans le système.

Pour Hayes, cette répression artificielle des rendements oblige les capitaux privés à chercher des alternatives rares : actions, or et Bitcoin. Il évoque le « Yellen put » et compare l’approche actuelle à l’expérience de plusieurs décennies de la Banque du Japon en matière de contrôle de la courbe des taux. Le cofondateur de BitMEX explique que les interventions répétées créent un biais politique favorable aux prix des actifs, renforcé selon lui par le maintien des taux par la Fed et des outils comme les facilités de repo.

La réaction des marchés illustre son raisonnement : Bitcoin a franchi des moyennes mobiles clés autour de 70 000 $, les actions ont progressé et les altcoins sont majoritairement dans le vert, tandis que certains mouvements ont aussi reflété des short squeezes. Hayes confirme qu’il est « en mode risk-on », avec une exposition élevée à Bitcoin et Ethereum et des positions supplémentaires via son nouveau projet, Flop Labs.

Sa thèse centrale est simple et conditionnelle : tant que les autorités continueront d’imprimer de la monnaie et d’intervenir pour défendre la soutenabilité de la dette, les investisseurs devraient privilégier les actifs rares. À l’inverse, détenir du cash ou rester sous‑exposé aux marchés risqués deviendrait, selon lui, la stratégie la plus risquée.