Deux géants de la santé, deux sources de risque différentes
L'industrie pharmaceutique offre des revenus parfois résilients face au ralentissement économique. Elle comporte pourtant un risque très spécifique : le succès commercial d'un médicament peut se dégrader brutalement après l'arrivée de concurrents, une baisse de prix imposée par un régulateur ou l'expiration de sa protection intellectuelle.
AstraZeneca et Novo Nordisk illustrent deux stratégies différentes. Le premier développe un large portefeuille thérapeutique. Le second a construit une grande partie de son succès récent autour des traitements du diabète et de l'obésité, notamment Ozempic et Wegovy, à base de sémaglutide.
Le défi de la concentration chez Novo Nordisk
Environ 65 % du chiffre d'affaires de Novo Nordisk dépend actuellement du sémaglutide. Cette concentration a permis une forte spécialisation commerciale, mais elle accroît la vulnérabilité à une concurrence nouvelle. Eli Lilly renforce sa présence sur le marché des traitements antiobésité, tandis que la perspective d'expiration de certains brevets, notamment autour de 2032, oblige Novo Nordisk à préparer rapidement la relève.
Les prévisions du laboratoire danois pour 2026 sont prudentes : elles intègrent une évolution des ventes et des bénéfices pouvant se situer entre la stabilité et une baisse de 6 %. La valorisation plus faible du titre peut sembler attirante, mais elle reflète la difficulté du marché à estimer le niveau des profits après l'intensification de la concurrence.
AstraZeneca mise sur la profondeur de la recherche
AstraZeneca dispose de positions dans l'oncologie, les maladies rares, les affections respiratoires et immunologiques ainsi que la cardiologie. Son portefeuille de développement comprend près d'une vingtaine de résultats cliniques de phase III attendus d'ici fin 2027. Cette diversification limite la dépendance à un seul principe actif, même si chaque essai comporte sa propre incertitude scientifique et réglementaire.
Le laboratoire vise environ 80 milliards de dollars de revenus à l'horizon 2030, contre une base nettement inférieure aujourd'hui. Il anticipe pour 2026 une croissance de ses ventes à taux de change constants comprise entre 5 % et 9 %, ainsi qu'une progression de son bénéfice par action de 11 % à 13 %. Ce sont des objectifs susceptibles d'être révisés.
La valorisation doit intégrer les échecs possibles
Une partie importante de la valeur d'une entreprise pharmaceutique repose sur des produits qui ne sont pas encore commercialisés. Les analystes doivent donc attribuer une probabilité de succès à chaque projet, puis tenir compte des coûts de recherche, des délais d'autorisation et de l'arrivée éventuelle de concurrents.
Pour suivre ces deux groupes, l'investisseur doit observer les résultats d'essais, l'évolution des ventes par médicament, la protection des brevets et la rentabilité des lancements récents. Une action délaissée n'est pas forcément sous-évaluée, tout comme un laboratoire doté de nombreux essais prometteurs n'est pas exempt de mauvaises surprises.
Les résultats cliniques et autorisations futures sont incertains. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.



