Le Liban, plaque tournante historique en Méditerranée, voit émerger de nouvelles trouvailles couvrant des millénaires. Dans la localité de Maaser el-Chouf, au sud-est de Beyrouth, des vestiges d’un temple romain daté entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIe siècle ap. J.-C. ont été mis au jour : colonnes et bases mesurant 21 mètres de long sur 11 mètres de large. Le site, selon Myriam Ziadé, a ensuite été transformé en forteresse croisée aux XIIe-XIIIe siècles en raison de sa position sur un réseau de routes reliant la côte à la vallée de la Bekaa.

Dans le nord, à Batroun et sur d’autres terrains, les équipes archéologiques ont exhumé un pressoir à olives romain, des poids en terre cuite, des outils de tissage et de filage, ainsi que deux carrières de pierre distinctes — l’une romaine, l’autre phénicienne — témoignant de la superposition des périodes. À Beyrouth, un autre pressoir romain a été retrouvé et des recherches sont en cours pour localiser les restes d’un hippodrome romain déjà repéré lors de précédentes fouilles préventives. Des thermes romains vieux de près de 2 000 ans figurent aussi parmi les découvertes fortuites liées aux chantiers urbains.

Mais la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël depuis début mars et l’offensive israélo-américaine contre l’Iran ont profondément perturbé ces activités. Sarkis El Khoury, directeur général des Antiquités, indique que les fouilles dans les zones dangereuses — notamment à Tyr et dans le sud abritant un arc de triomphe romain et un hippodrome du IIe siècle — sont à l’arrêt et que la priorité est désormais la protection du patrimoine en péril. L’Unesco a inscrit en juillet plusieurs sites du sud, dont les châteaux du Mont Amel et la forteresse de Beaufort, sur sa liste du patrimoine menacé. Les équipes étrangères ont aussi renoncé à se rendre au Liban, réduisant les capacités d’intervention et de recherche sur place.

Malgré cela, les responsables locaux soulignent que les découvertes se poursuivent régulièrement et que le potentiel archéologique du pays reste exceptionnel, reflet d’une histoire où Perses, Phéniciens, Romains, Byzantins et Ottomans se sont succédé sur un même sol.