Le rapport officiel sur l'inflation d'août, publié à 12H30 GMT par le Bureau of Labor Statistics, est perçu comme potentiellement décisif pour l'orientation de la Fed. Le consensus MarketWatch anticipe une hausse de l'indice des prix à la consommation de 3,4% sur un an, au même rythme élevé qu'en juillet. Plusieurs membres de la banque centrale ont laissé entendre que ce seul chiffre pourrait faire basculer la décision de la réunion des 15-16 septembre entre statu quo et relèvement des taux.

Les taux directeurs sont maintenus entre 3,50% et 3,75% depuis décembre; en l'absence d'une détente de l'inflation en août, une hausse devient plausible. L'outil CME FedWatch valorise aujourd'hui à plus de 70% la probabilité d'un resserrement, un niveau inhabituel de certitude si proche de la date de la réunion. Mark Zandi (Moody's) souligne l'«incertitude rare» découlant à la fois de divergences internes à la Fed et de la volonté du nouveau président Kevin Warsh de ne pas envoyer de signaux explicites.

Plusieurs facteurs alimentent les pressions sur les prix: la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz depuis le 28 février a dopé les cours pétroliers; le diesel et l'essence connaissent des hausses marquées, touchant coûts des transports et prix pour les consommateurs. Heather Long (Navy Federal Credit Union) note que les événements récents — conflit au Moyen-Orient, tensions commerciales avec le Canada — ont renforcé les craintes inflationnistes depuis la dernière réunion de la Fed.

Au plan politique, un relèvement des taux serait un revers pour Donald Trump, qui fait campagne pour des taux plus bas afin d'abaisser le coût du crédit avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Par ailleurs, l'inflation accroît le coût pour l'Etat de financer la dette publique, poussant les prêteurs à exiger un rendement plus élevé et renchérissant déjà les crédits aux entreprises et aux ménages, même avant une action de la Fed.