Ayvens a basculé dans le rouge sur les ventes de véhicules d'occasion au troisième trimestre. Le spécialiste français de la location automobile a enregistré une perte nette de 21 millions d'euros sur cette activité, contre un gain de 75 millions un an plus tôt. Ce retournement constitue un signal important, car la revente des véhicules en fin de contrat contribue directement à l'équilibre économique du modèle de location longue durée.

Le groupe explique cette dégradation par la normalisation du marché des véhicules thermiques et par l'effet des prix élevés du pétrole sur la demande. Lorsque les conditions d'utilisation deviennent plus coûteuses, les acheteurs peuvent différer leurs décisions ou privilégier d'autres motorisations. Cette évolution pèse sur les prix de revente et complique la gestion des valeurs résiduelles, qui représentent une hypothèse centrale dans les contrats de location.

Le nombre de véhicules vendus a également reculé. Ayvens a écoulé 127 000 voitures sur le trimestre, contre 140 000 un an auparavant. La société relie en partie cette baisse au faible nombre de véhicules neufs livrés en 2022 et 2023, période marquée par les perturbations des chaînes d'approvisionnement. Moins de voitures entrées dans les flottes à cette époque signifie aujourd'hui moins de véhicules arrivant en fin de contrat et disponibles à la revente.

La direction souligne que les efforts consacrés à la rentabilité et à la réduction des coûts ont atténué le recul. Cet élément est positif, mais il ne supprime pas le risque lié aux prix de marché des véhicules d'occasion. Si les valeurs résiduelles baissent plus vite que prévu, les marges peuvent être affectées même avec une bonne discipline opérationnelle.

Pour l'investisseur, le trimestre met en lumière deux risques différents. Le premier est conjoncturel, lié au prix du pétrole et à la demande pour les véhicules thermiques. Le second est plus structurel, avec la transition vers l'électrique, qui rend plus complexe l'estimation de la valeur future des voitures et peut accélérer l'obsolescence de certains modèles.

La perte trimestrielle ne suffit pas à remettre en cause l'ensemble du modèle d'Ayvens, mais elle justifie une vigilance accrue. Il faudra suivre l'évolution des prix de revente, le renouvellement des flottes, la part des motorisations électriques et la capacité du groupe à ajuster ses loyers aux nouvelles valeurs résiduelles. La maîtrise des coûts apporte un amortisseur, tandis que le retour à une contribution positive des ventes d'occasion sera nécessaire pour restaurer une visibilité plus solide sur les bénéfices.