Wall Street s’orientait légèrement à la hausse avant l’ouverture, soutenue par le recul du pétrole après la forte progression de la semaine précédente. Les contrats à terme avançaient de 0,49 % sur le Dow Jones, de 0,30 % sur le S&P 500 et de 0,25 % sur le Nasdaq 100. Cette amélioration reste toutefois fragile, car la semaine concentre plusieurs rendez-vous capables de modifier rapidement les anticipations des investisseurs.
Environ un tiers des entreprises du S&P 500 doivent publier leurs résultats, dont Alphabet, Microsoft et Amazon. Le marché ne se contente plus d’une forte demande pour l’intelligence artificielle. Il attend désormais des preuves de monétisation, de marges et de flux de trésorerie capables de justifier les investissements massifs dans les centres de données.
La prudence s’est renforcée après l’accueil réservé aux dernières publications des grandes valeurs technologiques. Meta a relevé ses prévisions de dépenses liées à l’IA et annoncé son intention d’émettre de nouvelles actions pour financer ces investissements. Tesla a également reculé après ses résultats. Les investisseurs sanctionnent donc plus sévèrement les stratégies qui augmentent les besoins de financement sans amélioration immédiate de la rentabilité.
Les entreprises dites « néoclouds » restent particulièrement exposées. CoreWeave et Nebius ont chacune perdu plus de 30 % depuis le début du mois et cédaient encore environ 3 % avant l’ouverture. IREN reculait de 2,6 % et Applied Digital de 1,5 %. Les craintes portent sur la viabilité de centres de données financés par la dette dans un environnement de coûts d’emprunt élevés. La perspective d’une consolidation du secteur ajoute une pression supplémentaire.
Le deuxième grand rendez-vous concerne la Réserve fédérale. Une pause sur les taux est largement attendue mercredi après la hausse de septembre. Les marchés considèrent néanmoins qu’un nouveau relèvement reste possible en décembre, puis que deux hausses supplémentaires de 25 points de base pourraient intervenir d’ici le milieu de 2027. L’indice PCE de septembre et la première estimation du PIB du troisième trimestre, attendu en croissance de 3,2 %, seront également publiés cette semaine.
Le léger repli du pétrole apporte un soulagement aux actions, mais ne supprime ni les tensions géopolitiques ni les risques d’inflation. Les prix du brut restent proches de leurs plus hauts niveaux depuis six mois. Le marché sera donc partagé entre la baisse ponctuelle de l’énergie, les résultats des entreprises et une politique monétaire encore restrictive.
Pour l’investisseur, la dispersion devrait rester forte. Les sociétés technologiques capables de transformer leurs dépenses d’IA en revenus et en trésorerie pourraient être privilégiées. Les entreprises dépendantes d’un financement externe coûteux restent plus vulnérables, même si les indices progressent légèrement à court terme.
