Baker Hughes a enregistré une baisse sensible de son bénéfice au troisième trimestre, dans un contexte particulièrement difficile pour les services pétroliers au Moyen-Orient. Le résultat net s’est établi à 411 millions de dollars, soit 0,41 dollar par action, contre 609 millions et 0,61 dollar par action un an auparavant. Le titre a perdu plus de 1 % après la clôture.
Le groupe est davantage exposé au Moyen-Orient que ses concurrents SLB et Halliburton, avec près de 40 % de son chiffre d’affaires provenant de cette région. Le conflit prolongé a retardé des décisions d’investissement, perturbé certaines activités et accru l’incertitude sur le calendrier des dépenses des producteurs. Le chiffre d’affaires réalisé au Moyen-Orient et en Asie a ainsi reculé à 1,26 milliard de dollars, contre 1,45 milliard un an plus tôt.
La faiblesse ne se limite pas à cette zone. En Amérique du Nord, les revenus ont diminué à 955 millions de dollars, contre 980 millions l’année précédente. Le secteur fait face à une demande modérée, car les producteurs utilisent des technologies d’extraction plus efficaces et disposent de réserves suffisantes pour limiter le besoin de nouveaux forages.
Baker Hughes prévoit encore une activité moyen-orientale en baisse séquentielle au quatrième trimestre. La hausse des coûts logistiques et les difficultés de chaîne d’approvisionnement devraient également peser. Ces éléments montrent que le niveau élevé des prix de l’énergie ne se traduit pas automatiquement par une amélioration immédiate pour les prestataires de services.
L’intégration de Chart, acquis en juillet pour 13,6 milliards de dollars, constitue un autre point de vigilance. Baker Hughes table désormais sur 1,99 milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel pour cette activité, contre 2,05 milliards précédemment. Le décalage des livraisons d’équipements destinés au gaz naturel liquéfié et la faiblesse de la demande d’hydrogène expliquent cette révision.
La direction a néanmoins maintenu ses prévisions globales de chiffre d’affaires. Elle observe une amélioration au Moyen-Orient et anticipe de nouvelles opportunités liées à l’optimisation de la récupération des hydrocarbures et à la prolongation de la durée de vie des actifs. Un analyste de Melius Research estime également que les perspectives restent compatibles avec une amélioration progressive des marchés mondiaux en 2027.
Pour l’investisseur, le dossier oppose donc un trimestre sous pression à une perspective de redressement plus lointaine. L’exposition géographique élevée et les difficultés logistiques augmentent la volatilité à court terme. En revanche, les activités liées au GNL et à l’efficacité des actifs existants peuvent offrir des relais de croissance si les projets reprennent. La confirmation dépendra de la normalisation du Moyen-Orient, de l’exécution de l’intégration de Chart et du maintien des marges.



