Mark Moss défend l'idée que Bitcoin n'est pas destiné à être soldé pour financer la retraite, mais à rester un actif productif que l'on met en levier. Dans son entretien sur le podcast Coin Stories, il explique que dans le système monétaire fondé sur le crédit (post-1971), détenir un dollar de BTC permet d'être propriétaire et d'utiliser cette position comme garantie pour emprunter, sans déclencher d'événements fiscaux ni transformer un actif long terme en dépense court terme.
Sa stratégie concrète consiste à emprunter contre ses Bitcoins avec discipline : maintenir de faibles ratios prêts/valeur, s'assurer de plusieurs niveaux de liquidité (comptes courants, équivalents de trésorerie, revenus réguliers) et n'envisager la vente qu'en dernier recours. Moss illustre l'importance de la gestion des cycles de marché en citant un objectif de rendement hypothétique — une hausse annuelle de 30 % menant à des valorisations de 1, puis 5, 10, 20 millions — et en avertissant du risque majeur : être forcé de vendre au pire moment.
Pour ancrer son propos, il rapporte une expérience personnelle en immobilier : un bien construit en 2008 estimé 12 millions, pour lequel il refusa une offre à 11 millions, fut vendu par la banque pour 4 millions durant le krach, et vaudrait aujourd'hui autour de 20 millions. Cette anecdote sert à montrer que la volatilité n'est pas le vrai problème, mais la vente contrainte.
L'argument de Moss s'oppose à celui de Peter Schiff, qui affirme que la retraite par Bitcoin ne marche que si l'on a acheté tôt et vendu avant un krach. Moss présente Bitcoin comme une « infrastructure structurelle » permettant de générer de la liquidité sans perdre la propriété, même face à une baisse annuelle actuelle de 26 %. La question centrale reste ouverte pour les détenteurs : conserver et mettre en levier indéfiniment, ou vendre avant une dégradation du marché ?


