<p>BNP Paribas préparerait une opération majeure de transfert synthétique de risque, ou SRT, adossée à environ 16 milliards d’euros de prêts aux entreprises. Selon les informations rapportées, la banque chercherait à transférer aux investisseurs la tranche de première perte du portefeuille, représentant près de 5% de sa valeur. Si elle aboutit, la transaction compterait parmi les plus importantes jamais envisagées sur ce marché.</p> <p>Un SRT ne correspond pas à une vente classique de créances. La banque conserve les prêts et la relation avec ses clients dans son bilan, mais achète une protection contre une partie des pertes potentielles. En transférant le risque associé aux tranches les plus exposées, elle peut réduire les actifs pondérés par les risques et dégager du capital réglementaire. Ce capital peut ensuite soutenir de nouveaux financements, renforcer les ratios prudentiels ou améliorer l’efficacité du bilan.</p> <p>L’opération passerait par Resonance, le programme utilisé par BNP Paribas pour couvrir des portefeuilles de crédit aux entreprises en Europe, en Amérique du Nord et sur d’autres marchés. Le groupe étudierait parallèlement un second montage portant sur environ 1,5 milliard d’euros de financements à effet de levier d’entreprises de taille intermédiaire. Les modalités finales, le prix de la protection, l’identité des investisseurs et le calendrier n’ont pas été communiqués.</p> <p>Le projet s’inscrit dans un mouvement européen plus large. Cinq transactions potentielles totaliseraient 25,2 milliards d’euros d’actifs sous-jacents. Société Générale envisagerait notamment un SRT sur environ 3 milliards d’euros de prêts aux PME françaises. Santander sonderait de son côté le marché pour un portefeuille de PME espagnoles de 3,3 milliards d’euros et pour 1,4 milliard d’euros de prêts immobiliers résidentiels portugais.</p> <p>Pour l’actionnaire de BNP Paribas, l’intérêt est surtout prudentiel. Une réduction des besoins en capital peut soutenir la capacité de distribution et de croissance, sans garantir une hausse immédiate du bénéfice. Le coût de la protection versée aux investisseurs doit être comparé au gain de capital obtenu. L’opération peut également donner une indication sur la perception du risque de crédit des entreprises européennes par les fonds spécialisés.</p> <p>Les risques restent significatifs. La transaction n’est pas annoncée comme finalisée et ses conditions économiques détermineront sa création de valeur. Une prime de protection élevée réduirait l’avantage financier. En cas de détérioration du crédit, la couverture ne porterait que sur les tranches définies par le contrat. Les investisseurs devront donc surveiller les détails définitifs ainsi que l’évolution des défauts, des marges bancaires et des exigences réglementaires.</p>