Des banques rentables, mais exposées à un nouveau risque de taux

La remontée des rendements obligataires oblige à réexaminer les banques françaises. BNP Paribas et Société Générale peuvent bénéficier de certaines conditions de taux, mais un environnement trop tendu augmente le coût de financement de leurs clients et peut détériorer la qualité du crédit. Pour comparer les deux titres, regarder seulement leur rendement du dividende serait une erreur.

Au premier semestre 2026, la croissance des revenus a atteint 9,2 % pour BNP Paribas et 5,2 % pour Société Générale à données comparables. Les ratios de coûts sur revenus sont proches, respectivement de 59,3 % et 59,7 %. En matière d'efficacité opérationnelle, l'écart est donc limité.

La qualité des crédits fait une vraie différence

À fin juin, la part de créances douteuses ressortait à 1,6 % chez BNP Paribas, contre 2,7 % chez Société Générale. Cet indicateur doit être interprété en tenant compte de la géographie et de la composition des encours, mais il souligne des profils de risque distincts. Les deux banques disposent de bilans surveillés par les autorités prudentielles ; elles ne sont néanmoins pas immunisées contre une dégradation économique.

BNP Paribas bénéficie d'une implantation internationale et de métiers diversifiés : banque de détail, financement des entreprises, assurance et gestion d'actifs. Société Générale possède, de son côté, un moteur remarquable dans la banque en ligne avec BoursoBank, qui comptait 9,1 millions de clients à fin juin et vise plus de 14 millions d'ici fin 2029.

Le dividende ne raconte pas toute l'histoire

Les estimations de rendement pour 2026 avoisinent 6,5 % pour BNP Paribas contre 3,1 % pour Société Générale, sur la base des distributions envisagées l'année suivante. Ces chiffres sont indicatifs : ils dépendent du cours de Bourse, des résultats, des décisions des conseils et des autorisations réglementaires éventuelles.

Société Générale vise une rentabilité des fonds propres tangibles de 13 % à 14 % en 2029. BNP Paribas cherche à dépasser 13 % dès 2028 et dispose d'un relais dans la gestion d'actifs, renforcé par l'intégration d'Axa Investment Managers. Cette activité mobilise généralement moins de fonds propres que le crédit classique, même si elle reste sensible aux marchés financiers.

Quel type de banque dans son portefeuille ?

Un investisseur recherchant la diversification internationale et un rendement distribué potentiellement élevé n'examinera pas le même dossier qu'un investisseur misant avant tout sur un redressement et sur le développement d'une banque numérique. Dans les deux cas, le prix payé par rapport à l'actif net tangible, la rentabilité durable et l'évolution du coût du risque restent déterminants.

La comparaison doit enfin intégrer le risque français, la réglementation, la fiscalité bancaire et l'impact d'un éventuel ralentissement du crédit. La meilleure banque sur le plan opérationnel n'est pas nécessairement celle dont l'action offrira la meilleure performance à partir de son cours actuel.

Les rendements mentionnés sont des estimations et ne sont pas garantis. Risque de perte en capital.