Le gouvernement de Rodrigo Paz a publié un décret mettant fin aux fonctions de José Gabriel Espinoza après que le Parlement l'a censuré pour ne pas s'être présenté à la convocation des parlementaires. La motion a réuni 91 voix parmi les 129 parlementaires présents sur 166, et visait notamment des explications sur l'émission d'obligations souveraines et les retards dans l'élaboration du budget de l'État. Espinoza avait invoqué des déplacements à Santa Cruz puis au Brésil pour justifier son absence.

Face à la censure, l'exécutif avait d'abord refusé la destitution et saisi le Tribunal constitutionnel, contestant que la majorité qualifiée requise ait été atteinte. Le président a finalement nommé Oscar Mario Justiniano Pinto, alors ministre de la Production durable, de l'Environnement et de l'Eau, comme ministre de l'Économie par intérim, assurant ainsi une continuité administrative immédiate tout en laissant ouverte la question d'une nomination définitive.

La révocation intervient dans un contexte économique tendu: la Bolivie a épuisé ses réserves internationales en dollars, en partie à cause des subventions aux carburants supprimées par le président, affiche un déficit public persistant, une production d'hydrocarbures en déclin, une croissance atone et des pénuries chroniques de carburant. Malgré ces difficultés, l'inflation a fortement reculé, de 21% en glissement annuel en novembre à 5% en juillet.

Sur le plan extérieur, l'équipe d'Espinoza avait négocié des programmes de financement auprès de la BID, de la CAF et du FMI pour un montant cumulé d'environ 9,5 milliards de dollars. Le gouvernement cherche par ailleurs à attirer davantage d'investissements étrangers et a présenté à mi-août un projet de nouveau régime d'investissement proposant incitations et changements réglementaires. La fragilité politique crée toutefois une incertitude sur la mise en œuvre rapide de ces accords et réformes.