Ratko Mladic, né en Bosnie (date de naissance retenue par la justice : 1942), a occupé le rôle de commandant militaire pendant la guerre de Bosnie, conflit qui a fait environ 100.000 morts entre 1992 et 1995. Arrêté après 16 ans de cavale le 26 mai 2011 chez un cousin en Serbie, il a été jugé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) puis condamné en 2017 à la réclusion à perpétuité pour génocide et crimes contre l'humanité, peine confirmée en appel le 8 juin 2021. Il est mort en détention à La Haye.
Parmi les faits retenus contre lui, le massacre de Srebrenica en juillet 1995, où environ 8.000 hommes et adolescents musulmans ont été tués, demeure présenté par la justice internationale comme un génocide et la pire tuerie commise en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Le siège de Sarajevo, quasi-quatre ans de bombardements et de tirs de snipers depuis les positions tenues par les forces de Mladic, a causé la mort de plus de 10.000 civils, dont plusieurs centaines d'enfants.
Figure centrale du trio souvent cité dans l'épuration ethnique en Bosnie — avec Slobodan Milosevic à Belgrade et Radovan Karadzic à Pale — Mladic a incarné le bras armé de la rhétorique « grand-serbe ». Orphelin d'un partisan tué pendant la guerre, il a fait carrière dans l'armée yougoslave et a rapidement pris des responsabilités avant et pendant le conflit. Son image publique reste divisée : héros aux yeux d'une partie des Serbes, contesté et condamné par la communauté internationale.
Même après son arrestation et sa condamnation, des manifestations de soutien ont eu lieu, notamment des graffitis à Belgrade, une fresque à Kalinovik et des hommages lors d'événements à Visegrad et Banja Luka, illustrant la persistance des divisions et du soutien populaire dont il a bénéficié dans certaines franges de la communauté serbe.


