La gouvernance de la guerre numérique avance, mais sans consensus sur la forme qu'elle doit prendre. Lors des délibérations de la Première Commission de l'Assemblée générale des Nations unies, les États se sont opposés à la fois sur les règles de comportement dans le cyberespace et sur l'encadrement de l'intelligence artificielle militaire.

Un Mécanisme mondial adopté en 2025 sert désormais de cadre aux discussions. Présidé par la diplomate salvadorienne Egriselda López, il est structuré autour de cinq piliers, parmi lesquels figurent la prévention des menaces, l'application du droit international et le renforcement des capacités. Cette architecture cherche à organiser un dialogue durable sur la responsabilité des États dans le numérique.

La Russie défend toutefois une autre approche. Son projet de résolution privilégie un traité juridiquement contraignant centré sur la souveraineté nationale. La France s'y est opposée en accusant Moscou d'adopter un comportement incompatible avec les principes défendus dans l'enceinte onusienne. L'Ukraine estime pour sa part que le texte russe pourrait affaiblir ou paralyser le mécanisme existant. La délégation russe rejette ces critiques et présente son projet comme neutre et conforme aux travaux antérieurs des Nations unies.

Un second débat concerne l'intégration rapide de l'IA dans les systèmes d'armement. L'Union européenne et le Mouvement des non-alignés insistent sur le maintien d'un contrôle humain. Le Pakistan souligne que ces technologies sont déjà employées sur les théâtres d'opérations, notamment pour l'identification de cibles, ce qui rend la question moins théorique. Les États-Unis considèrent toutefois que l'ONU n'est pas le cadre approprié pour discuter de la superintelligence militaire.

Pour l'investisseur, le fait vérifié est donc l'absence actuelle de norme mondiale unifiée. L'interprétation financière est que les groupes de défense, de cybersécurité et de logiciels sensibles devront probablement composer avec plusieurs régimes nationaux ou régionaux plutôt qu'avec une règle unique. Cela peut accroître les coûts de conformité, limiter certains transferts technologiques et rendre les contrats publics plus dépendants des choix politiques locaux.

Le prochain jalon annoncé est le Sommet sur l'IA responsable dans le domaine militaire, prévu à Nairobi en avril. Il faudra y mesurer si le principe du contrôle humain se transforme en critères opérationnels, et si les États parviennent à rapprocher les deux voies concurrentes: coopération multilatérale progressive ou traité contraignant fondé sur la souveraineté.