Groupama AM pose un constat net : l’électrification est une mégatendance durable. La demande mondiale d’électricité progresse à un rythme de 4% par an, portée notamment par la numérisation et les investissements massifs des hyperscalers — plus de 700 milliards de dollars engagés pour des data centers. Ce mouvement se traduit par des besoins accrus en infrastructures (modernisation des réseaux, câblage, transformateurs) et en équipements intelligents pour gérer des flux plus importants.
Plusieurs segments ressortent comme bénéficiaires à long terme : les fabricants d’équipements électriques et d’automatismes (ex. Schneider Electric), les spécialistes du câblage (Prysmian, Nexans) et les acteurs de l’installation et de la distribution (Legrand). Ces investissements sont pluriannuels, offrant « de la visibilité » sur les revenus à venir. Groupama AM a d’ailleurs lancé commercialement son fonds Groupama Global Electrification (internalisé le 20 décembre 2024) : la stratégie affiche une variation absolue de plus de 38% à fin avril 2026, contre environ 18% pour le MSCI World.
Les dynamiques de décarbonation (remplacement du charbon, montée des renouvelables, investissements nucléaires) et l’enjeu de souveraineté énergétique européen renforcent la thématique : la France est citée comme un hub européen attractif pour la capacité de datacenter grâce à son parc nucléaire, argument utilisé par des investisseurs tels que SoftBank. Toutefois, la performance diffère selon les sous-secteurs : certains segments restent trop concurrentiels — l’exemple des véhicules électriques en Chine — tandis que d’autres offrent une meilleure visibilité, comme la demande de câbles en cuivre.
Les risques identifiés sont concrets : un retournement majeur des investissements dans l’IA et les data centers, une crise géopolitique entraînant une récession ou des retards dans la construction de nouveaux réacteurs nucléaires pourraient freiner la trajectoire de croissance du secteur.


