Les analystes affichent des lectures opposées sur Hensoldt. Jefferies maintient une recommandation d’achat et un objectif de 98 euros, tandis que mwb research conseille de vendre avec une cible de 62 euros. Le titre reculait de 4 % à Francfort, autour de 75,60 euros, soit entre les deux estimations.

Jefferies anticipe une progression d’environ 17 % du chiffre d’affaires au troisième trimestre et une hausse de 33 % de l’EBITDA ajusté. Le bureau s’attend à ce que Hensoldt relève sa prévision annuelle de ventes lors de la publication du 5 novembre, même s’il estime cette perspective largement intégrée par le marché. Il voit également davantage de confiance dans le haut de la fourchette de marge de 18,5 % à 19 %, sans prévoir pour autant une révision officielle.

À l’inverse, mwb research considère que le protocole d’accord signé avec l’Ukraine pour de nouvelles livraisons de radars ne change pas la thèse. Le document ne précise ni montant, ni volumes, ni calendrier. Le bureau y voit davantage une extension de l’activité TRML-4D qu’un nouveau moteur de croissance.

Même une commande comparable aux 340 millions d’euros obtenus en juillet 2025 ne représenterait, selon mwb, qu’environ 11 % des ventes attendues en 2026. L’analyste souligne aussi la faible part des logiciels, le risque d’un pic de revenus au début des années 2030 et une valorisation jugée élevée.

La divergence porte donc moins sur la demande immédiate que sur sa durée et le prix déjà payé par les investisseurs. Les résultats du 5 novembre, puis la journée investisseurs du 10 novembre, devront préciser le carnet de commandes, les marges et les relais de croissance après la phase actuelle de dépenses de défense.