Depuis plusieurs années, les actions des constructeurs européens et chinois peinent en Bourse : BMW a reculé de 35% entre janvier et mi‑juin 2026, Mercedes de 25%, et Stellantis a été la plus mauvaise performance du CAC 40 en 2025. Renault a perdu les trois quarts de sa valeur en dix ans malgré des remontées en 2023‑2024. Ces trajectoires s’expliquent par la hausse des coûts, les incertitudes réglementaires, la concurrence chinoise et une guerre des prix qui pèse sur les marges.

Le marché américain a suivi une dynamique différente : Tesla a gagné 50% depuis 2024 et General Motors 100% sur la même période. Le moteur de cette divergence tient en partie à la valorisation des technologies liées à l’électrique et aux logiciels embarqués — Tesla est qualifiée de « société de software » — et à l’essor des batteries, dominées par CATL (39% de part de marché, valorisée à 280 milliards de dollars).

L’électrique est devenu significatif : en 2025, 20 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été vendus, représentant 25% des ventes mondiales et environ 20% du marché global. BYD, valorisée à 100 milliards de dollars, propose désormais des prix compétitifs (ex. le Dolphin à 23 990 euros) et constitue une alternative aux valorisations élevées comme celle de Tesla (1 400 milliards de dollars).

Malgré ces opportunités de croissance structurelle, les constructeurs européens souffrent de marges très faibles — BMW a révisé ses prévisions de marge 2026 à 0–2% — et d’un cadre réglementaire incertain (normes d’émissions et aides à l’achat fluctuantes). Par ailleurs, le basculement industriel profite aussi aux fournisseurs technologiques : CATL pour les batteries, Nvidia et Qualcomm pour les semi‑conducteurs et puces, et Valeo pour les capteurs et systèmes d’assistance.

Pour un investisseur, la thèse repose sur deux idées : saisir une décote sectorielle (certains titres se négocient à 2–3 fois le bénéfice) et parier sur la montée en puissance des batteries et des logiciels. Les freins restent la cyclicité liée aux taux d’intérêt, la pression compétitive sur les prix et l’évolution réglementaire qui peuvent continuer d’éroder les marges.