Le secteur spatial, longtemps dominé par des objectifs étatiques, a basculé vers une logique commerciale depuis les années 2000 avec l'émergence d'acteurs privés (SpaceX, Blue Origin, Virgin Galactic). Les progrès technologiques — en particulier les lanceurs réutilisables — ont divisé par 10 le coût d'envoi d'un kilogramme en orbite en vingt ans, à environ 2 000 $/kg aujourd'hui, ce qui rend économiquement viables des usages massifs : géopositionnement, imagerie, télécoms et Internet par satellite.

Le marché global évalué par le World Economic Forum à 630 milliards de dollars en 2023 pourrait croître de 9 à 10 % par an pour atteindre 1 800 milliards en 2035. Quatre-vingts pour cent de cette valeur proviennent d'applications commerciales ; la part publique finance surtout défense et exploration. Depuis la guerre en Ukraine, la défense spatiale a accéléré — illustrée par le projet « Golden Dome » lancé en mai 2025 — et a stimulé la demande pour des PME spécialisées sollicités par le gouvernement américain.

Les conséquences boursières se lisent déjà : le fonds Echiquier Space affiche une progression cumulée de 113 % depuis son lancement, contre 81 % pour le MSCI ACWI Net Return EUR. Le gérant souligne une croissance de chiffre d'affaires attendue de l'ordre de 31 % par an pour les sociétés du fonds, mettant en avant le potentiel des petites et moyennes capitalisations du secteur, malgré leur volatilité et leur dépendance aux capacités de lancement.

Des dynamiques concurrentielles se dessinent dans les télécoms spatiales : Starlink s'impose et noue des accords (ex. avec T‑Mobile pour D2D), mettant sous pression des opérateurs historiques comme Eutelsat, SES ou Viasat, qui restent cependant détenteurs de spectres orbitaux recherchés. Les transactions majeures citées incluent le rachat de Globalstar par Amazon pour 11 Mds$ et un contrat entre SpaceX et EchoStar évalué à 17 Mds$. Enfin, la future cotation en Bourse de SpaceX est évoquée comme générant 500 M$ pour les banques impliquées.