Les discussions sur le budget 2027 s’ouvrent dans une conjoncture française fragile. Le gouvernement prévoit désormais une croissance de 0,5 % en 2026, contre 0,9 % auparavant. Après un recul du PIB de 0,2 % au premier trimestre, l’activité a stagné au deuxième trimestre. En 2025, la progression de 0,8 % était déjà inférieure à celle de la zone euro, établie à 1,5 %.
La dette publique atteint 3 536 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB. Ce ratio place la France derrière la Grèce et l’Italie parmi les pays les plus endettés de la zone euro. Les crises successives ont alourdi les dépenses publiques, du soutien pendant la pandémie aux mesures destinées à amortir le choc énergétique.
La remontée des taux rend cette dette plus coûteuse. Le rendement de l’OAT française à dix ans a dépassé 4 % et atteint 4,47 % à la mi-septembre, contre 3,45 % avant la guerre au Moyen-Orient. La hausse de l’inflation a également conduit la Banque centrale européenne à relever ses taux le 10 septembre. La charge annuelle de la dette, évaluée à 64,7 milliards d’euros en 2025, pourrait approcher 100 milliards en 2029 selon la Cour des comptes.
Le déficit reste proche de 5 % du PIB, bien au-dessus de la référence européenne de 3 %. Dans le même temps, le chômage progresse depuis 2025. L’effort budgétaire annoncé devra donc arbitrer entre assainissement des comptes et soutien à une économie presque à l’arrêt, alors que des taux plus élevés absorbent une part croissante des ressources publiques.


