Le début de semaine sur la place parisienne est marqué par une certaine apathie : l'indice CAC 40 progresse très peu, autour de 0,07% vers 10h30, malgré des gains notables sur des valeurs de semi-conducteurs comme STMicroelectronics et Soitec. L'enthousiasme suscité par les avancées en intelligence artificielle, relancé par la sortie d'un nouveau modèle, profite aux valeurs technologiques mais n'est pas suffisant pour animer durablement le marché européen.
Le principal facteur de pression reste l'énergie. Le Brent évolue autour de 97 dollars le baril et se rapproche du seuil symbolique des 100 dollars. Plus préoccupant pour l'Europe est le renchérissement du gaz : le contrat TTF néerlandais atteint plus de 74 euros/MWh, son plus haut depuis 2023, et dépasse les niveaux observés lors des tensions du printemps. Ces hausses s'inscrivent dans un contexte de réserves gazières européennes plus faibles que d'habitude à cette saison.
La montée des prix énergétiques est amplifiée par la dégradation géopolitique au Moyen-Orient, avec de nouvelles escarmouches maritimes et des menaces réciproques impliquant l'Iran et les États-Unis, ce qui entretient l'incertitude sur les approvisionnements. Parallèlement, ces tensions poussent les attentes de marché vers une nouvelle hausse des taux directeurs de la BCE, envisagée jeudi, pour freiner une inflation qui pourrait se révéler plus tenace que prévu.
Au final, le contraste entre le soutien sectoriel apporté par l'IA et la contrainte macroéconomique liée à l'énergie crée une dynamique hésitante : les gains technologiques restent localisés tandis que la prime de risque sur l'énergie pénalise l'ensemble des indices européens.

