La séance parisienne de mardi 11 août tourne à la prudence : le CAC 40 cède 26,33 points (-0,30%) à 8 698,86 points vers 11h10, après avoir touché la veille un nouveau record de clôture à 8 726,03 points. Le moteur principal de la baisse est la remontée des cours du pétrole, le Brent de la mer du Nord montant à 89,76 $ (+2,33%) et le WTI à 84,37 $ (+2,73%), rapprochant le baril du seuil psychologique des 90 $.

La hausse du brut profite mécaniquement aux valeurs énergétiques : TotalEnergies prend 1,59% à 76,74 euros, tandis que d'autres secteurs subissent des prises de bénéfices — Stellantis perd 1,97% à 4,78 euros et Airbus recule de 1,28% à 211,90 euros. Le contexte géopolitique alimente cette tension : les exigences divergentes entre l'Iran et les États-Unis sur la réouverture du détroit d'Ormuz représentent un facteur d'incertitude supplémentaire.

Les marchés attendent surtout la publication mercredi de l'indice des prix à la consommation américain pour juillet. Selon IG France, le marché évalue à 23% la probabilité d'un statu quo de la Fed d'ici la fin d'année et à 77% la probabilité d'une hausse, ce qui amplifie la nervosité. Le ton des responsables de la Fed pèse aussi : Beth Hammack a indiqué qu'il faudrait plusieurs hausses de taux pour rabattre l'inflation, rappelant le lien entre politique monétaire, rendements obligataires et valorisations actions.

Le mouvement se répercute sur les taux et les actifs refuges : le rendement des emprunts d'État français à 10 ans dépasse 4% mardi, et l'or franchit les 4 400 $ l'once, signe d'une quête de protection face à un environnement géopolitique et inflationniste plus incertain.