Le ministère de l’Économie chiffre l’impact économique des vagues de chaleur et de la sécheresse à 0,1 point de croissance perdu pour 2026, essentiellement lié à la chute de la production agricole. Ce coût est présenté comme crédible et reste trois fois inférieur à l’impact observé lors de la canicule de 2003. Le gouvernement tablait sur une croissance annuelle de 0,7% ; avec les trimestres déjà observés (-0,2% au T1, 0% au T2) et l’effet de l’été, l’économie française progresse désormais avec une marge extrêmement réduite.

Une partie des pertes pourrait être récupérée d’ici la fin d’année : retards sur chantiers du bâtiment et sur certaines chaînes de production peuvent être en partie rattrapés. Mais plusieurs éléments sont irréversibles ou durables : le maïs a chuté de 35% cet été, et les légumes frais ont vu leurs prix bondir de 14%. Les dépenses de consommation annulées pendant les pics de chaleur — terrasses, loisirs — ne reviendront pas nécessairement. Ces variations pèsent sur l’inflation et exercent une nouvelle pression sur le pouvoir d’achat.

Au-delà de la production agricole, la facture comprend des coûts moins aisés à quantifier : incendies susceptibles d’impacter les primes d’assurance, et travaux pour réparer les habitations fissurées par la sécheresse. La remontée des taux d’intérêt constitue un facteur de fragilité supplémentaire : des taux plus élevés pénalisent crédits immobiliers et investissements d’entreprises, qui sont cruciaux pour l’emploi et la croissance future.

En somme, la trajectoire macroéconomique s’est dégradée : la France n’est pas officiellement en récession aujourd’hui mais avance « comme un planeur », avec des risques réels que la situation bascule si la dynamique ne s’inverse pas rapidement.