Les services du Trésor et l’Insee ont chiffré à 0,1 point de PIB l’impact des canicules et de la sécheresse sur la croissance française en 2026. Bercy estime une baisse de 8% de la valeur ajoutée agricole, soit environ la moitié du choc subi en 2003 (–15%). L’Insee rappelle que cet effet est déjà intégré dans les données du premier semestre, après des révisions de la croissance à –0,2% au T1 et 0,0% au T2.
L’agriculture concentre l’essentiel des pertes : la production de maïs prévue pour 2026 est inférieure de 35% par rapport à 2025 et les prairies ont affiché une pousse cumulée inférieure d’un tiers à la normale au 10 août. En revanche, les rendements du blé sont « très proches de la normale » en raison d’une récolte précoce.
Le choc agricole a des répercussions sur les prix : les légumes frais ont vu leurs prix grimper d’environ 14%, contribution estimée à 0,1 point d’inflation sur les 2,4% enregistrés en août. D’autres secteurs ont subi des perturbations locales : un tiers des entreprises de travaux publics ont déclaré des contraintes d’activité en juillet, bien que des rattrapages ultérieurs limitent l’impact macroéconomique.
Ces conséquences climatiques s’ajoutent à des tensions liées au conflit au Moyen-Orient et à la hausse du prix du gaz, qui a renchéri le coût des engrais azotés et perturbé le commerce mondial d’engrais via la fermeture du détroit d’Ormuz. Par ailleurs, la ministre de la Transition écologique a estimé mi-août des coûts directs et indirects de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros, incluant destructions de stocks et de patrimoine.
Sur le plan budgétaire, le gouvernement, qui prépare un budget pour 2027 à présenter le 30 septembre, souligne que ces chocs compliquent l’objectif d’un déficit public ramené à 5% du PIB en 2026.


