L'IA peut détruire certaines missions et en créer d'autres

L'intelligence artificielle transforme profondément les entreprises de services numériques. Des tâches de programmation, de documentation ou de support peuvent être partiellement automatisées. Pour un acteur comme Capgemini, l'enjeu consiste donc à ne pas vendre seulement du temps humain, mais à accompagner ses clients dans la transformation de leurs systèmes et de leurs processus.

Cette évolution explique la nervosité boursière du secteur. Pendant plusieurs mois, les investisseurs ont craint que les outils d'IA réduisent les revenus des sociétés de conseil informatique. Pourtant, les résultats opérationnels commencent à montrer une réalité plus nuancée : la demande évolue, mais les grands groupes ont toujours besoin d'intégrateurs capables de sécuriser leurs données, leurs applications et leurs infrastructures.

Un changement de dynamique commerciale

Après un premier semestre solide, Capgemini vise désormais pour 2026 une croissance à taux de change constants comprise entre 8,5 % et 9 %, dont environ cinq points provenant des acquisitions. Cette distinction est importante. La croissance totale ne doit pas être confondue avec la croissance organique des activités existantes.

À moyen terme, le groupe prévoit une hausse annuelle moyenne des revenus de l'ordre de 6,5 % d'ici 2028, dont environ deux points liés aux acquisitions. Sa marge d'Ebitda, selon la nouvelle définition utilisée par le groupe, est attendue entre 12,1 % et 12,3 % à cet horizon.

L'objectif n'est pas seulement de retrouver une progression du chiffre d'affaires. Il est de faire évoluer le mix vers des prestations mieux valorisées, notamment autour des architectures de données, de la cybersécurité, de la modernisation des applications et de l'industrialisation des outils d'IA.

Une valorisation sensible aux révisions de bénéfices

Début octobre, les estimations situent Capgemini autour de neuf fois ses bénéfices attendus pour 2027. Un tel multiple peut refléter une défiance importante, mais aussi des risques bien réels : pression tarifaire, augmentation des coûts, concurrence des plateformes technologiques ou intégration imparfaite des acquisitions.

Une revalorisation dépendra surtout de la croissance organique des commandes et de l'amélioration de la rentabilité. Si le marché constate que l'IA génère de nouveaux contrats plutôt qu'une érosion généralisée des missions existantes, le scénario pourrait devenir plus favorable.

Les chiffres à regarder lors des prochaines publications

Les prises de commandes, l'évolution des effectifs facturables, la marge opérationnelle, le cash-flow libre et la part de croissance attribuable aux acquisitions sont les indicateurs à suivre. La qualité des revenus compte autant que leur montant. Capgemini illustre ainsi une question centrale de la transition technologique : les entreprises qui installent l'IA chez leurs clients pourront-elles être récompensées autant que celles qui fabriquent les puces et les modèles ?

Les estimations de marché peuvent évoluer rapidement. Risque de perte en capital.