Capgemini relève une nouvelle fois ses objectifs annuels, porté par une activité plus dynamique que prévu et par la demande liée à l’intelligence artificielle. Le groupe français de services informatiques vise désormais une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 9 % et 9,5 % à taux de change constants, contre une fourchette précédente de 8,5 % à 9 %.

Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires a atteint 6,07 milliards d’euros, en progression de 11,7 % à changes constants. Cette hausse dépasse le nouvel objectif annuel et montre que Capgemini conserve un rythme soutenu malgré un environnement de marché présenté comme inchangé par la direction.

Le directeur général Aiman Ezzat estime que la stratégie centrée sur les nouveaux usages économiques de l’IA commence à porter ses fruits. La technologie devient ainsi un moteur de missions pour les clients: conseil, transformation des systèmes, intégration des outils et adaptation des processus. Pour Capgemini, l’enjeu n’est pas seulement de vendre une expertise technique, mais de convertir les projets pilotes en déploiements plus larges et récurrents.

La dynamique géographique est également favorable. Le groupe signale une activité toujours forte en Amérique du Nord et au Royaume-Uni, ainsi qu’une nette accélération en France. Cette diversification réduit la dépendance à une seule zone, même si elle expose les résultats publiés aux variations de change.

Les prises de commandes se sont élevées à 5,4 milliards d’euros, en hausse de 3,4 % sur un an à taux de change constants. Ce chiffre progresse moins vite que le chiffre d’affaires trimestriel. Il ne remet pas en cause le relèvement des perspectives, mais il constitue un indicateur à surveiller, car les commandes alimentent l’activité future.

Pour l’investisseur, la qualité du signal dépendra donc de la durée du cycle lié à l’IA. Une demande durable, étendue à plusieurs secteurs et accompagnée de contrats importants, renforcerait la visibilité de Capgemini. À l’inverse, une multiplication de projets de petite taille ou expérimentaux pourrait limiter l’effet sur la croissance et les marges.

Le relèvement d’objectif confirme une exécution solide, mais augmente aussi les attentes. Les prochains résultats devront montrer que l’accélération française se maintient, que les prises de commandes suivent davantage le chiffre d’affaires et que l’IA améliore réellement la valeur des contrats. Le marché regardera autant la croissance que la capacité du groupe à préserver sa rentabilité dans une phase d’investissement et de concurrence accrue.