L’épargne financière des ménages européens atteint environ 6 % du revenu, soit deux points de plus qu’avant la pandémie. Cette progression a réduit la part consacrée à la consommation et donc limité la demande de biens et de services. Pour ING, l’enjeu ne tient toutefois pas seulement au montant épargné, mais à la manière dont cet argent est placé.

Les ménages européens conservent traditionnellement une grande partie de leur épargne sur des dépôts bancaires. L’étude estime que leur patrimoine aurait été supérieur de 1 170 milliards d’euros entre 2002 et 2025 si un quart des nouveaux dépôts avait été investi dans des fonds, soit environ 7 % du PIB de la zone euro. Une allocation équivalente aux actions cotées aurait produit, selon le même calcul rétrospectif, 2 790 milliards d’euros supplémentaires.

Cette préférence influence également le financement des entreprises. Les banques transforment les dépôts en crédits, mais ce modèle convient moins aux sociétés à risque élevé, notamment technologiques. Aux États-Unis, les placements liquides des ménages valent environ cinq fois leurs dépôts. En Europe, ils n’en représentent qu’environ la moitié.

Les comportements changent progressivement. Depuis 2025, 37 % des flux d’épargne financière ont été dirigés vers des fonds, y compris des ETF, contre 24 % entre 2015 et 2024. La part des dépôts dans les actifs liquides est passée de 67 % en 2019 à 62 % aujourd’hui. Les actions et obligations captent elles aussi davantage de nouveaux flux.

La prudence reste forte. La moitié des Européens disposant d’une épargne déclarent déjà investir et 30 % supplémentaires pourraient l’envisager. Mais 42 % perçoivent les marchés comme un casino et 35 % invoquent un manque de connaissances. La poursuite du mouvement dépendra donc de la confiance, de l’éducation financière et de la tolérance au risque.