La finance durable dispose théoriquement d’un public idéal : les nouvelles générations.
Les enquêtes montrent régulièrement que les jeunes accordent davantage d’importance aux enjeux environnementaux et sociaux que leurs aînés.
Mais cette conviction ne se retrouve que partiellement dans leurs portefeuilles.
Seuls 19 % des 18-24 ans déclarent avoir déjà investi dans un fonds responsable. Chez les 25-34 ans, la proportion atteint 17 %.
Le phénomène ne semble donc pas être simplement une question de convictions.
Avant l’investissement durable, il faut déjà investir
Une partie de l’explication est économique.
Près de 19 % des 18-29 ans vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui réduit mécaniquement leur capacité à constituer une épargne financière.
Mais les contraintes financières n’expliquent pas tout.
Même lorsqu’on demande à des étudiants s’ils seraient disposés à investir dans des produits environnementaux ou sociaux en disposant des moyens nécessaires, seule une minorité envisage effectivement de le faire.
Cela révèle un problème plus large : beaucoup de jeunes restent encore éloignés de l’investissement financier.
L’IA pourrait paradoxalement profiter à l’investissement durable
Un autre phénomène intéressant apparaît toutefois.
Certaines entreprises liées à l’électrification bénéficient indirectement de l’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle.
Data centers, réseaux électriques, stockage d’énergie et nouvelles infrastructures numériques nécessitent d’importantes capacités électriques. Cette convergence crée un pont inattendu entre deux thématiques appréciées par les nouvelles générations : technologie et transition énergétique.
Pour l’industrie de la gestion d’actifs, l’enjeu pourrait donc être moins de vendre la finance durable comme une catégorie à part que de montrer concrètement les entreprises et les transformations économiques financées par l’épargne.
Car pour attirer une nouvelle génération d’investisseurs, la simplicité, la compréhension des placements et la possibilité d’investir progressivement pourraient finalement compter autant que le caractère responsable du produit.
