Le marché obligataire français vient de franchir un seuil symbolique.

Le rendement de l’OAT française à dix ans a dépassé 5 %, une première depuis 2002. Dans le même temps, l’écart avec le Bund allemand s’est fortement creusé.

Le spread France-Allemagne atteint désormais environ 168 points de base.

Cette évolution signifie que les investisseurs exigent une rémunération beaucoup plus élevée pour financer la dette française.

Pour les marchés, les conséquences vont bien au-delà des obligations souveraines.

Les taux d’État servent de référence à une grande partie du financement de l’économie. Lorsqu’ils progressent, le coût du crédit immobilier, de la dette des entreprises et du financement des infrastructures peut lui aussi augmenter.

Les valorisations boursières sont également concernées. Plus les obligations offrent des rendements élevés, plus les investisseurs deviennent exigeants vis-à-vis des actions.

Certaines valeurs endettées ou très sensibles aux taux peuvent donc subir une pression supplémentaire.

À l’inverse, les obligations redeviennent progressivement une classe d’actifs capable d’offrir des rendements importants.

Le paradoxe est évident : plus la rémunération offerte augmente, plus le risque perçu par le marché progresse également.

Pour les prochains mois, le spread entre la France et l’Allemagne pourrait devenir l’un des indicateurs les plus importants à suivre en Europe.