Le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février s'enlise et a poussé l'administration Trump à présenter une nouvelle offensive non militaire : "l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise", selon le président sur Truth Social. Sans détails opérationnels, l'appel vise à sanctionner tout pays ou institution qui offrirait un soutien financier, logistique ou commercial à l'Iran, et s'inscrit dans la continuité d'une politique de "pression maximale" relancée après la prise de fonction de M. Trump en janvier 2025.
L'Iran, pour sa part, minimise l'initiative américaine. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé Washington de chercher à détourner l'attention des problèmes internes américains, tandis que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, lors d'un remaniement du commandement militaire début août, a appelé à "renforcer la dissuasion maximale" et à se préparer à des "opérations offensives de grande envergure". Militairement, les hostilités ont diminué depuis quelques semaines malgré une reprise le mois dernier et la fin d'un protocole d'accord conclu en juin.
Sur le plan économique, l'Iran subit déjà des tensions importantes : l'inflation atteignait 66% sur douze mois au 22 juillet, contre 46% en février, et le taux de change est passé d'environ 1,65 million de rials pour un dollar avant le conflit à 1,88 million récemment. Ces pressions renforcent l'appel interne à l'"économie de la résistance", concept repris par Mojtaba Khamenei pour réduire la dépendance extérieure et limiter les licenciements.
La crise s'étend régionalement : les rebelles houthis liés à l'Iran frappent des infrastructures pétrolières et des navires saoudiens en mer Rouge, et les Émirats arabes unis, grand partenaire commercial de l'Iran, ont annoncé la suspension de tous les échanges commerciaux et transactions financières avec Téhéran après des tirs de missiles balistiques que l'Iran dément avoir dirigés contre la navigation.

