Le crédit immobilier français aborde l’automne avec un coût à nouveau orienté à la hausse. Après un mouvement déjà visible en septembre, les banques ont continué d’ajuster leurs barèmes en octobre 2026, dans un environnement marqué par des tensions obligataires, une inflation persistante et le durcissement monétaire de la Banque centrale européenne.

Les taux moyens observés atteignent désormais 3,30 % sur 15 ans, 3,51 % sur 20 ans et 3,58 % sur 25 ans. Par rapport au mois d’août, la progression représente environ 5 à 8 points de base. Sur dix ans, la moyenne indiquée s’établit à 3,14 %. L’écart reste toutefois significatif entre un dossier standard et un emprunteur disposant d’un apport élevé, de revenus stables et d’une capacité d’épargne convaincante. Les meilleurs profils peuvent encore obtenir environ 3,03 % sur 15 ans, 3,20 % sur 20 ans et 3,30 % sur 25 ans.

Le contexte monétaire explique une partie de cette évolution. La BCE a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre, tandis que l’inflation de la zone euro est remontée à 3,2 % en août. Le taux directeur mentionné atteint 2,65 %. Les banques répercutent progressivement ces conditions de financement dans leurs offres, sans appliquer nécessairement la même hausse à tous les clients.

Depuis le 1er octobre, le taux d’usure applicable aux prêts de 20 ans et plus est fixé à 5,40 %. Ce plafond englobe non seulement le taux nominal, mais aussi l’assurance et plusieurs frais liés au financement. Il peut donc continuer à écarter certains dossiers lorsque le coût total du crédit s’en approche.

Pour les ménages, quelques dixièmes de point modifient sensiblement la mensualité et le coût total sur vingt ou vingt-cinq ans. Les acquéreurs ont intérêt à comparer le taux, mais aussi l’assurance, les frais de garantie et les conditions de remboursement anticipé. Les projections évoquent des moyennes pouvant se situer entre 3,70 % et 4 % d’ici la fin de l’année. La réunion de la BCE du 29 octobre constituera donc un rendez-vous important pour la trajectoire des prochains barèmes.