L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance réelle de 4,5 % en 2026, soit le même rythme qu’en 2025 et que celui projeté pour 2027, selon les Perspectives de l’économie mondiale publiées par le FMI le 13 octobre. La région évoluerait ainsi plus rapidement que l’économie mondiale, attendue à 3,1 % cette année. Dix des 45 économies suivies afficheraient une expansion d’au moins 5,7 %.
Le classement des pays les plus dynamiques demande néanmoins de la prudence. Le Soudan du Sud arriverait en tête à 10,5 %, mais ce chiffre intervient après une contraction de 28,1 % en 2024 puis un rebond de 41,4 % en 2025 : l’effet de base est donc considérable. L’Éthiopie progresserait de 9,2 %, au même rythme qu’en 2025 et pour une troisième année au-dessus de 8 %. Le Rwanda atteindrait 7,4 %, la Guinée 7,2 %, le Bénin et le Niger 7 %, l’Ouganda 6,2 %, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie 6 %, puis le Ghana 5,7 %. Pour 2027, le FMI prévoit notamment 9,9 % en Ouganda et 7,8 % en Éthiopie comme en Guinée.
Les écarts sont aussi importants du côté des prix et des grands marchés. L’inflation moyenne régionale serait de 8,6 % en 2026, avec 11,7 % en Éthiopie et 12,3 % au Rwanda, contre moins de 1 % au Bénin. Le Nigeria progresserait de 4,2 %, tandis que l’Afrique du Sud resterait limitée à 1 %. La Guinée équatoriale reculerait de 1,7 %.
Pour les investisseurs, la croissance agrégée confirme le potentiel régional mais ne suffit pas à comparer les risques. Les trajectoires de change, d’inflation, de dette et de gouvernance peuvent transformer une forte croissance réelle en rendement décevant. L’analyse doit aussi séparer les accélérations structurelles des rebonds mécaniques après une crise. Les pays combinant expansion soutenue et stabilité des prix offrent un profil différent de ceux où le dynamisme nominal est absorbé par l’inflation ou la dépréciation monétaire.


