La prévision de croissance française pour 2026 a été ramenée à 0,4 % par l’Insee le 10 septembre. Interrogé le 15 septembre, l’économiste Marc Touati a jugé cette estimation encore trop favorable et estimé que l’économie française se trouvait déjà en récession. Cette dernière appréciation relève de son analyse et ne constitue pas le scénario chiffré de l’institut statistique.

Son inquiétude porte notamment sur la progression des taux d’intérêt. Selon lui, le renchérissement du financement public alourdit la charge de la dette et accentue les difficultés budgétaires françaises. Il souligne que l’écart de rendement à dix ans entre la France et l’Allemagne approche un point de pourcentage.

Marc Touati compare également la situation française à celle d’autres pays de la zone euro. Il indique que l’écart avec la Grèce n’est plus que de 0,2 point et considère le niveau des taux français comme le symptôme d’un problème spécifique au pays. Ces comparaisons doivent être replacées dans leur contexte de marché et à une date précise, car les rendements évoluent en continu.

L’économiste attribue cette vulnérabilité à l’accumulation des déficits publics et à l’absence d’ajustements suffisants. Il redoute une transmission de la hausse des taux aux crédits accordés aux entreprises et aux ménages, notamment pour l’investissement productif, l’immobilier et la consommation.

Le risque décrit est celui d’un enchaînement entre croissance faible, coût du crédit plus élevé, chômage, déficit et dette. La prévision de 0,4 % signale un net ralentissement, mais elle ne permet pas à elle seule d’affirmer l’entrée en récession. La trajectoire dépendra des données d’activité, du budget 2027, de l’inflation et des décisions de politique monétaire.